Michaël, vainqueur du Raid international de Gaspésie 2014 - Portraits | Plaisir du Sport En Alsace
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Raid aventure
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Michaël, vainqueur du Raid international de Gaspésie 2014

Le raid aventure est depuis neuf ans la passion de Michaël.

Ce sportif au profil tout à fait remarquable a été poussé dans cette discipline par une bande de copains du Lot, sa région natale.

Il y a tout juste un an, avec son coéquipier, il a fini premier, par équipe de deux, du Raid international de Gaspésie, au Québec - une épreuve de 300km, soit 23h30 de raid dans des conditions extrêmes.

Le 10 septembre débute l'édition 2015 de l'événement. L'occasion de revenir sur l'expérience pleine de panache d'un jeune homme installé récemment en Alsace, qui n'a de cesse de louer les vertus de ce sport riche en sensations et en émotions.

L'aventure et la réflexion en pleine nature

Michaël est un sportif touche-à-tout. À 32 ans, il apprécie à la fois les sports d'endurance et d'extrêmes. Si son "côté aventurier", comme il se définit lui-même, est très présent, Michaël tempère aussitôt : "je ne suis pas une tête brûlée. J'aime avoir l'occasion de réfléchir à ce que je fais".

De préférence dans un cadre qui lui plaît, car cet athlète est "un amoureux de tous les sports de nature". Courses en montagne, triathlons, marathons font ainsi partie de son entraînement régulier. "Je pratique aussi la randonnée pour l'aspect plaisir : ça donne des ailes de contempler les paysages !"

Le hasard faisant bien les choses, le raid aventure - un sport associant découverte en pleine nature à un savant mélange de disciplines d'endurances et d'extrêmes - s'est présenté à lui et est devenu sa passion depuis que des amis de Cahors, où il résidait avant de s'installer en Alsace, l'ont invité à rejoindre l'une des plus grosses associations dans ce domaine : Cahors Lot Orientation.

Michaël a ainsi découvert des parcours multisports en pleine nature, réalisés en totale autonomie. Ce profil intrépide a pu satisfaire sa curiosité, puisque "les épreuves s'articulent essentiellement autour de la course d'orientation ou du VTT d'orientation, auxquels s'ajoutent des activités très nombreuses, telles que l'escalade, le canyoning, le canoë, la natation", explique-t-il.

Goûter à tous les sports, varier les possibilités à l'infini, sur l'eau, sur terre et parfois dans les airs - c'est en cela que le raid aventure plaît à Michaël.

Les qualités du "raid aventurier"

Dans cette discipline qui, chaque année, "prend un essor énorme", indique Michaël, polyvalence, réflexion et détermination sont les clés du succès. "Le raid multisports est un parcours du combattant : c'est l'aventure au sens pur puisqu'il n'y a aucun encadrement". En dehors des points de contrôle obligatoires, "il n'y a aucun balisage, et chacun doit faire son propre itinéraire par rapport à l'objectif final donné." *

Dans un tel contexte, "le mental est la clé pour arriver au bout, de même que le respect des règles élémentaires de sécurité, rappelées lors du briefing avant chaque départ, notamment le port d'une balise GPS durant tout le temps de l'épreuve."

Ces exigences conviennent parfaitement au caractère à la fois réfléchi et déterminé de Michaël. De plus, il apprécie le lien unique qui se tisse avec les coéquipiers : "le raid est un sport d'équipe, à 2,3 ou 4 coéquipiers, plus un assistant. Il faut se connaître et être complémentaires. Selon la situation, on va jusqu'à se tracter les uns les autres, par un lien élastique entre les membres de l'équipe. L'un vient en compensation lorsque l'autre faiblit. La relation qui existe entre nous est de l'ordre de la fraternité", reconnaît-il.

De plus, sur chaque épreuve, l'assistant épaule efficacement l'équipe en "nettoyant, préparant le matériel, les VTT notamment, pour les redonner un peu plus loin sur le parcours". Dans le cas de raids à l'étranger, comme sur le Raid international de Gaspésie (Québec) auquel l'équipe de Michaël a participé en 2014, l'assistant, Mathieu, a géré la préparation logistique "qui est énorme". Il a aussi été là pour aider à tenir le coup et ressourcer physique et mental de Michaël et de Pierre, son binôme, à chaque étape.

* La Fédération de Raid précise que dans "la grande majorité des cas, les épreuves se font en orientation, même si ce n'est pas une règle".

Le trio Mathieu, Pierre et Michaël (de gauche à droite) : paré, il y a un an, pour rejoindre la baie des Chaleurs, qui accueille le Raid international de Gaspésie, au Québec.

La Gaspésie : "êtes-vous assez sauvages ?"

Sur les raids, les conditions sont extrêmes, ce qui rend chaque membre de l'équipe essentiel. Pendant le raid de Gaspésie, le prologue et les trois jours d'épreuves ont mis le corps et la volonté à rude épreuve, sur 300km. Il faut dire que chaque année, les concurrents de 15 pays sont invités ici à "évoluer en pleine nature sauvage avec comme seul moyen de propulsion leur force physique et leur mental", précise le teaser de l'événement.

Michaël confirme : "On a atteint les limites du corps physique, avec des journées de près de 10h d'effort non-stop, le corps qui alterne entre des passages dans l'eau à 4° et des moments d'effort en pleine chaleur." Les activités se sont enchaînées : descentes en rappel, en tyrolienne, traversée d'une rivière dans une eau à 7°C, épreuves de canyoning, de trekking, de VTT extrême, de canoë, de plongée dans une eau glaciale, de coastering à marée haute...

L'exigence du terrain a forcé les concurrents à tout donner, dans des conditions climatiques éprouvantes, où vent, brume, froid se sont invités aux moments les plus inopportuns - des rafales ont ainsi soufflé sur une slackline tendue à 50m au-dessus du vide, rendant son franchissement très périlleux.

Pour cette raison, "il n'y a aucun amateur sur le Raid de Gaspésie" - une nécessité, car dans le raid orientation, "il faut savoir rester lucide, on ne se contente pas de suivre un itinéraire balisé", insiste Michaël. Et à la moindre erreur, la sanction est immédiate : "on perd le raid". C'est pour cette raison que seul un entraînement adéquat "dans le mental, dans la construction de l'équipe, dans la gestion de l'effort permet de réaliser ce défi exigeant".

Des qualités physiques et mentales hors du commun sont nécessaires pour braver les exercices imposés du Raid de Gaspésie. Ici plus que jamais "détermination et esprit d'équipe" sont requis. À chaque instant, on repousse ses limites : "c'est l'esprit de la course d'aventure : ne jamais abandonner", admet un concurrent dans la vidéo de l'événement 2014.

Le raid : un jeu de découverte

Malgré - ou du fait, peut-être, de sa rudesse, si l'expérience en Gaspésie plaît à Michaël, c'est parce que, comme dans tous les raids aventure, on ne sait jamais à quoi s'attendre. "Les courses sont diversifiées", explique Michaël, "chacune d'elles demande de la réflexion. C'est un sport à part, différent de la plupart des sports d'endurance axés uniquement sur la vitesse et l'explosivité."

De plus, le raid, "ludique parce qu'on change sans arrêt de moyen de locomotion", permet un vrai partage : "c'est une aventure d'équipe, on n'est jamais seul. Impossible d'être individualiste : on est en connexion avec son coéquipier, on se base sur sa respiration pour progresser. Il y a une notion de dépassement de soi parce qu'on court pour autre chose que soi-même. Et puis même si on est dans l'aventure, en même temps on assiste à des élans de solidarité comme nulle part ailleurs : on aide tous ceux qui sont en difficulté sur le parcours, quelle que soit l'équipe !"

Affronter de cette manière le périple "permet de prendre de la hauteur. On est attaché - au propre comme au figuré - à ce que ça représente du point de vue psychologique. C'est un véritable enrichissement personnel !" Rien d'étonnant à ce que, même si, comme Michaël, on vient un peu par hasard au raid, ce qui fait rester ensuite, "ce sont ces valeurs-là : on donne de soi et on reçoit énormément en retour", affirme le sportif.

D'autant que l'expérience québécoise a offert quelques surprises : "on a appris que les gens en France suivaient notre trace GPS sur internet, ils nous likaient, laissaient des commentaires... On ne se rendait pas compte de ça. On avait l'impression d'être seuls au monde, et ça a été une grosse émotion de prendre conscience qu'à l'autre bout du monde, il y avait cet intérêt pour notre aventure".

L'autre scénario imprévu a été de taille : "On a gagné la course ! Pour nous, ce qui comptait, c'était d'être arrivés au bout, de concrétiser un projet qui durait depuis presqu'un an. Être finisher, tout simplement, ça revêtait à ce moment-là beaucoup plus d'importance que la médaille du premier".

Michaël a raison, car après tout, ce qui reste aujourd'hui, ce sont les décors traversés ensemble, les peurs et les défaillances physiques et morales surmontées ensemble. Avoir vécu cette expérience est plus fort que le reste : "la victoire elle-même devient accessoire", affirme-t-il. L'émotion, quant à elle, est encore palpable - et comme tous les moments forts dans une vie, il y a de fortes chances pour qu'elle reste intacte encore très longtemps.

Après une victoire inattendue du binôme Pierre et Michaël en Gaspésie, l'envie de repartir est là. Pierre sera de la partie en Gaspésie en 2015. Pour Michaël, ce n'est qu'une question de temps - et d'opportunité.


Plus d'infos :

Le Raid international de Gaspésie 2015 se tiendra du 10 au 15 septembre : http://www.raidinternationalgaspesie.com/index.php/fr/

Je vous invite à regarder également une superbe vidéo, très éloquente du niveau de difficulté époustouflant du Raid international de Gaspésie, édition 2014 - et qui témoignage de cette aventure humaine, très touchante, de personnes animées par une même passion, toutes d'une force mentale extraordinaire : https://vimeo.com/113526198

La Fédération de Raids multisports en France : http://www.raidsmultisports.fr/

Cahors Lot Orientation - Gaspésie : https://www.facebook.com/clogaspesie

L'expérience de Michaël en Gaspésie a gravé en lui plusieurs images : "les aurores boréales le soir, les demi-saumons cuits à la vapeur arrosés de sirop d'érable : tout ça c'était comme un cadeau pour nous."


L'auteur,
Elyse Moreigne

Editrice de Plaisir du sport en Alsace, passionnée de langages écrits, nageuse, coureuse et randonneuse, parfois triathlète, engagée pour valoriser la pratique sportive en Alsace en tant que source de bien-être, d'enthousiasme, de dépassement de soi !
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