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Portraits croisés
Course à pied
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La noblesse de coeur et d'âme d'une équipe de running sur les hauteurs de Sainte-Marie-aux-Mines

C'est sans prétention aucune, sans autre souci que d'oser - vraiment ? - le tenter, que le trio Anne, Alain, Nicolas, issu du club de running de Sainte-Marie-aux-Mines, a lui aussi participé à tous les semi-marathons d'Alsace en 2016 : le Challenge 21,1. Si Nicolas, après un début prometteur, a préféré sur la fin se consacrer à d'autres objectifs, Anne et Alain ont, quant à eux, grâce à leur participation aux neuf épreuves, terminé respectivement première féminine et 6e masculin du défi.

Le duo restant s'est accroché à ses convictions : courir pour le plaisir, et s'entraîner pour faire au mieux. C'est avec un regard pétri de tendresse du côté de leur vallée, le Val d'Argent, où ils s'entraînent, et pourvus d'un moral au beau fixe grâce au soutien sans faille de leurs copains du club qu'ils reviennent sur ce challenge qu'ils ont réussi à accomplir jusqu'au bout.

Leur témoignage est la preuve qu'on découvre de bien belles choses dans la vallée là-haut : des caractères enthousiastes qui ne s'arrêtent pas au premier obstacle venu, et des histoires où le sport permet, avec force, rage et conviction, de faire face aux hasards de la vie.

 Anne et Alain de l'équipe ACV Sainte-Marie-aux-Mines

Alain et Anne, en entraînement course à pied sur l'un des innombrables sentiers autour de Sainte-Marie-aux-Mines.

Des adeptes de nombreuses activités de montagne dans le Val d'Argent

Anne et Alain ont le sport vissé au corps. C'est même un amour-né, pour celle qui a terminé première féminine du Challenge 21,1, édition 2016, puisque "le sport, dans la famille, c'est une seconde nature : on est tombés dans la marmite bouillonnante très jeunes. On bouge beaucoup, on voyage dès que possible. Et surtout : on fait du sport !" Que ce soient des randonnées à pied ou en ski - "déjà toute petite avec mon papa, pionnier du ski dans les Vosges" - de la course à pied, du skating "que je pratique dès que possible au col des Bagenelles", ou encore du ski de piste et du VTT, tous "sont des sports que j'affectionne tout particulièrement", revendique Anne.

Pour Alain, l'aventure sportive a démarré avec le vélo, "depuis l'âge de 17 ans, et en particulier le VTT. J'ai pratiqué toutes les disciplines : cross-country, descente, enduro, et enfin tandem. J'ai même été vainqueur de la coupe d'Alsace tandem VTT en 2010." C'est il y a quatre ans seulement que son beau-frère, qui court depuis qu'il est jeune, lui sort le pied de ses étriers cyclistes pour les mettre dans des baskets de running. L'activité plaît à Alain, "surtout parce que l'entraînement demande moins de temps qu'à vélo : ainsi, réaliser une séance de 45 minutes à 1h de course à pied, c'est bien, alors qu'à vélo, ce n'est pas terrible". Depuis cette rencontre, entre les deux compères : "c'est à celui qui fera le meilleur temps", s'amuse le facétieux Alain.

En course à pied, pour Anne, les débuts se sont faits "tardivement" d'après elle, puisque "j'ai commencé à courir à 33 ans". À l'époque installée dans la région lyonnaise, "je traversais une période professionnelle un peu compliquée et c'est mon frangin qui, pour me changer les idées, m'a entraînée pendant quelques mois puis m'a rapidement inscrite sur quelques trails". Au bout de cinq mois d'entraînement, sans jamais avoir participé à aucune course, "nous avons fini, en tant qu'équipe mixte : 5e au trail du Vallon Pont d'Arc en Ardèche, premiers au trail des Coudes dans l'Allier, et troisièmes au trail de Gruissan dans l'Aude". À désormais 47 ans, elle taquine encore le chrono puisqu'elle a été sélectionnée "pour participer aux championnats de France de semi-marathon dans ma catégorie (V1) qui ont eu lieu à Bourg-en-Bresse en mars dernier". Pour s'entraîner, fin 2016, "j'ai surtout mangé de la route, car je ne voulais pas me retrouver en queue de peloton. J'ai couru 3 fois par semaine en alternant les 10, 15 et 21km en fin de semaine, avec quelques séries de 1 000m, histoire de varier un peu."

Depuis mars, Anne est retournée à ses amours originelles : "je fais à nouveau de la montagne : à Sainte-Marie-aux-Mines, les possibilités sont infinies. On peut courir des semaines sans jamais repasser par le même itinéraire. Notre vallée, c'est le bonheur pour les amoureux de sport nature !" s'enthousiasme-t-elle. Alain confirme, avec le même élan passionné : "le Val d'Argent est une super aire de jeux pour les runners. Je m'entraîne en course à pied sur tous les types de terrains car, chez nous, on peut aussi bien faire de la route que de la montagne."

Anne et Alain de l'équipe ACV Sainte-Marie-aux-Mines

Aux championnats de France de semi-marathon, en mars dernier, Anne, dossard 433, s'est classée 91e de sa catégorie en 1h45'12. © Semi-marathon de Bourg-en-Bresse 2017.

Une bande de copains d'abord

Dans ce cadre d'entraînement merveilleux, ce qui semble compter avant tout pour Alain c'est de ne pas se prendre la tête : "je ne connais pas mon niveau en course à pied. Je m'entraîne quatre fois par semaine et j'essaie de faire de mon mieux à chaque course à laquelle je participe". Parce que l'important, c'est que "le sport m'apporte un bon équilibre dans la vie de tous les jours. Et la course à pied est un bon défouloir après une journée de boulot."

L'autre aspect essentiel de l'entraînement, c'est de pouvoir partager. Comme le souligne le sportif, "j'aime retrouver les membres du club pour l'entraînement : on discute de tout et de rien. Avoir des copains qui nous tirent ou que l'on tire vers le haut, c'est super motivant." Pour Anne aussi, "le sport, c'est la camaraderie, la convivialité. J'ai rencontré beaucoup de gens formidables, avec un très bon esprit lors de courses. Certaines amitiés et complicités très fortes sont issues de ces rencontres. Et avec mes camarades de l'ACV Sainte-Marie-aux-Mines, on forme une petite équipe très chouette et très soudée. On s'encourage mutuellement, il y a une bonne ambiance."

Cette composante dans sa pratique sportive revêt d'autant plus d'importance pour Anne qu'à 39 ans, elle a été touchée par un grave cancer du rein. "Le sport a été ma thérapie : je ne pensais pas m'en sortir, mais la course à pied, ça représente un tel équilibre, une telle bouffée d'oxygène, que quand j'étais sur mon lit d'hôpital, et que je voyais à travers les vitres les rayons du soleil et les feuilles frémir dans les arbres, je me disais : allez, accroche-toi, bientôt tu pourras recourir en forêt, remonter sur ton vélo, retrouver toutes ces bonnes sensations... Dans la phase qui a suivi, le sport a été très important pour me redonner confiance, retrouver un certain sens dans ce grand chaos qu'était ma vie alors."

Depuis sa guérison, courir, pour elle, c'est "du bonheur, de l'évasion, ma manière à moi de me dépasser, de franchir les limites. J'ai la chance d'avoir un mari très sportif (coureur et basketteur) et un fils de 16 ans qui pratique la course à pied, le ski, le basket, le foot... Ils m'ont beaucoup boostée et encouragée à m'y remettre. Et c'est ce que j'ai fait très rapidement, malgré un rein en moins. On vit très bien avec un rein en moins !"

Anne et Alain de l'équipe ACV Sainte-Marie-aux-Mines

Alain apprécie l'équilibre que la course à pied apporte dans sa vie. Ici, lors de sa participation au Grand Défi des Vosges d'avril 2017.

Des objectifs sains pour une performance sans contrainte

Ainsi, ce qui a essentiellement réuni ces caractères joviaux et attendrissants sur le Challenge 21,1, c'est tout bonnement l'idée de pouvoir compter sur le soutien et la motivation apportés par les autres. Tous avaient vu le challenge sur Facebook. "C'est Alain qui m'a embarquée dans cette aventure. Ça me tentait", avoue Anne, "et de savoir que lui aussi était partant, avec notre autre camarade du club Nicolas, ça m'a définitivement convaincue d'y participer." Sur un plan personnel, Alain s'était surtout engagé dans le challenge "pour savoir si j'étais capable de réaliser autant de semi-marathons en une saison. J'en ai alors discuté avec Anne et Nicolas, et puis on s'est lancé ce défi pour 2016". À plusieurs, "c'était plus facile : quand un de nous trois avait une baisse de motivation, les deux autres étaient là pour le requinquer".

La présence d'autres membres du club a représenté un véritable argument pour Anne, car, "je ne mentirai pas", exprime-t-elle, "je n'ai pas trouvé cela facile ! Il faut une sacrée dose de motivation pour se lever tous les dimanches aux aurores, repartir sur une course, surtout lorsque plusieurs se suivent. Je suis plutôt du genre couche-tard le week-end, donc c'était dur-dur ! J'ai eu de gros moments de doute, à me demander si je devais vraiment y retourner. Mais la plupart des courses sont vraiment belles et bien organisées, avec un réel enthousiasme des bénévoles. L'ambiance est souvent au top avec plein de gens qui vous encouragent, des groupes de musique..."

Alain, qui s'embarrasse rarement d'excuses compliquées, estime que "si la motivation et la tête vont bien, presque rien ne peut nous empêcher d'aller au bout d'un tel défi." Pour lui qui était en préparation de son premier marathon à Paris, l'entraînement au Challenge 21,1, "c'était ni plus ni moins que la préparation pour le marathon, à laquelle se sont ajoutées des sorties longues et du fractionné". Car à objectif clairement défini, stratégie et actions on ne peut plus simples à mettre en place. D'ailleurs, s'il a un conseil à donner pour réussir le challenge, "c'est d'avoir un mental à toute épreuve, de ne pas chercher à faire des chronos à chaque course, de se faire plaisir, de savoir gérer la récup' et l'entraînement quand les courses s'enchaînent". Pour lui, c'est ça le vrai défi : "savoir récupérer tout en continuant à s'entraîner."

Après coup, il reconnaît être "fier d'avoir terminé ce challenge car beaucoup de coureurs et d'autres personnes nous prenaient pour des dingues de nous lancer là-dedans. Et au bout du compte : on y est arrivé ! J'ai pu découvrir beaucoup de courses que je ne connaissais pas et sur lesquelles je retournerai certainement." Sans autre grand défi à son actif que le marathon de Paris, et le Roc d'Azur, "le plus grand rassemblement de VTTistes en Europe, auquel j'avais pris part en 2011", finir en sixième position du Challenge 21,1, pour Alain, "c'est une vraie satisfaction". Il en est évidemment de même pour Anne, qui, avec un pedigree beaucoup plus riche de challenges et défis en tous genres, est, "super heureuse d'y avoir participé, pour terminer première féminine en plus : quelle joie ! Et, bien sûr, à titre personnel, j'en retire énormément de satisfaction, de fierté d'avoir réussi à tenir jusqu'au bout, d'être allée au-delà de mes doutes, de mes hésitations." Deux âmes en somme discrètes, touchantes de sincérité et de simplicité, qui descendent tout droit d'une montagne d'argent qui, semble-t-il, a le pouvoir de façonner les êtres avec beaucoup de talent.

Le mot de la fin ? Il est poussé en choeur par le duo : "Avant toute chose : faites-vous plaisir en courant !" En photo, Anne et Alain sur l'une des étapes du Challenge 21,1 : le semi-marathon de Molsheim. © Crédit photo : Jerome Genée - accessimage.net


  Anne Pradines - première féminine du Challenge 21,1 édition 2016

  • Âge : 47 ans
  • Résidence : Sainte-Marie-aux-Mines (68)
  • Profession : attachée de presse au Conseil départemental du Haut-Rhin. "J'ai fait des études de lettres sup puis 10 ans de journalisme avant d'intégrer le monde de la communication".
  • Ses bons conseils pour réussir le Challenge 21,1 : "ça dépend si on y va pour gagner ou si on fait cela en dilettante. Mais dans tous les cas, il faut tout de même s'être pas mal entraîné sur de longues distances avant de se lancer. 21km, c'est long : surtout quand on commence à agoniser au 13e ! Il faut peut-être se fixer un objectif pas trop surréaliste, sachant qu'en enchaînant une course tous les dimanches, on n'est jamais aussi performant que quand on participe à un semi tous les 6 mois voire tous les mois. Il faut accepter de ne pas décrocher la timbale à toutes les courses, choisir celles où on courra plus vite, ralentir pour les suivantes, bref : doser son effort et ravaler sa fierté quand des gens qui sont derrière vous généralement vous doublent parce qu'eux n'ont pas enchaîné plusieurs courses de suite. Et puis il ne faut pas faire le Challenge 21,1 en solo : c'est toujours plus sympa de faire la route ensemble, jusqu'au départ, de s'échauffer en groupe, même si ensuite chacun gère sa course en fonction de son potentiel, de ses envies, de ses objectifs."
  • Sa fierté : "d'avoir pu communiquer ma passion de la course à pied à mon fils - même si aujourd'hui il fait davantage de foot et de basket. Il a pratiqué pendant 6 ans avec de bons résultats. Je suis fière aussi d'avoir continué à courir malgré les obstacles, la maladie, et de réussir encore aujourd'hui, en toute modestie, à réaliser d'honnêtes performances, à partager de bons moments sportifs avec mes proches, mes amis coureurs, de savoir leur apporter autant qu'ils me donnent".
  • Ses souvenirs marquants : "le Tour de la vallée de la Thur (100km), où nous avons, avec un ami, quasiment porté notre copine pendant 40km. Elle s'était foulé la cheville et refusait d'abandonner. On a donc décidé de l'accompagner tout du long. Et finalement, sur la durée, c'est elle qui nous a donné le courage de ne pas abandonner." Un autre un peu difficile : "la course des crêtes, où, dans la dernière partie super technique, au-dessus du lac Blanc, je me suis pris un méga gadin dans les rochers : jambe en sang, et, pour finir, au dernier kilomètre, piquée par une guêpe. C'est que du bonheur la course à pied !"
  • Son petit mot : "Je trouve que nous sommes très gâtés dans notre région, entre les courses sur route et les trails, il y a vraiment de quoi faire. Et c'est toujours motivant quand des initiatives comme Plaisir du sport en Alsace mettent sur pied des challenges originaux : c'est un vrai plus pour la course à pied, c'est rassembleur et motivant."

Alain Eschrich - sixième du Challenge 21,1 édition 2016

  • Âge : 42 ans
  • Résidence : Sainte-Croix-aux-Mines (68)
  • Travaille dans un magasin de vélos.
  • Son souvenir le plus marquant en course à pied : "ça reste le départ du marathon de Paris, avec 50 000 personnes sur les Champs Elysées : c'est beaucoup de monde ! C'est une course énorme avec un public présent sur tout le parcours, des animations, etc. Une course à faire ! Courir dans les rues de Paris et passer à côté de tous les grands monuments, c'est grisant, et c'est un soulagement de prendre le départ car trois mois de préparation en hiver, ça n'est pas forcément ce qu'il y a de plus drôle." Et puis, "franchir la ligne d'arrivée de son premier marathon est quelque chose de fort en émotions : j'en avais les larmes aux yeux !"
  • Son petit mot : "J'aurais envie de voir évoluer la mentalité de certains organisateurs quant au tarif de leurs courses. On n'est pas des vaches à lait ! J'aimerais aussi que les organisateurs ne remballent pas trop vite le ravitaillement de l'arrivée : qu'il reste en place jusqu'au dernier coureur". Du vécu pour Alain, "alors que le dernier a certainement plus de mérite et surtout plus souffert que les premiers". Bref : "Organisateurs : respectez tous les coureurs !"

Anne, Alain et Nicolas font par ailleurs tous les trois partie de l'association les Val Trotteurs qui organise les trails du Val d'Argent depuis 2016.


Après le deuil, l'Athlétique Club de la Vallée (ACV) de Sainte-Marie-aux-Mines en recomposition

Carol Baumert, le fondateur et entraîneur de l'Athlétique Club de la Vallée de Sainte-Marie-aux-Mines, est décédé d'un cancer fin 2016, à l'âge de 63 ans. "Son départ prématuré nous a tous peinés et c'est une grande perte pour nous et pour l'athlétisme alsacien", évoque Anne. "C'est son fils, John Baumert, qui reprend le flambeau. Ma course de Bourg-en-Bresse, c'est à lui que je l'ai dédiée, car il a été un entraîneur formidable ces six dernières années. Je voulais vraiment me montrer à la hauteur".

"L'ACV est un petit club avec peu de coureurs, mais des personnes intenses qui produisent de très bons résultats. Nous nous entraînons sur stade les mardis et jeudis soirs, et nous faisons de la préparation physique en salle le mercredi. Et quand il nous reste encore des forces : sorties longues en forêt le week-end. Il règne une excellente ambiance, beaucoup d'entraide, de camaraderie. Nous sommes tous un peu des frappadingues de la course à pied, prêts à relever plein de défis un peu fous, toujours partants - et on se marre bien !"


L'auteur,
Elyse Moreigne

Editrice de Plaisir du sport en Alsace, passionnée de langages écrits, nageuse, coureuse et randonneuse, parfois triathlète, engagée pour valoriser la pratique sportive en Alsace en tant que source de bien-être, d'enthousiasme, de dépassement de soi !
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