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Christophe et Fabrice : amis et vainqueurs du challenge des semi-marathons d'Alsace 2015

Christophe, 49 ans, et Fabrice, 41 ans, sont deux amis, anciennement voisins, qui s'adonnent avec passion et régularité à la course à pied.

Bien que de tempéraments distincts, ils ont un niveau similaire, qui leur donne l'occasion d'aller taquiner ensemble leurs propres limites sur de nombreuses compétitions running.

Guidés par quelques années d'expérience et affichant un goût pour la moyenne voire la longue distance sur route, ils se sont essayés cette année au challenge "Et si je participais à tous les semi-marathons d'Alsace en 2015 ?"

Mettant une belle énergie dans ce défi alsacien, ils sont les seuls à réaliser la performance de cumuler respectivement huit et sept semi-marathons - tout en flirtant avec la tête de classement des courses. Leur parcours est exemplaire en termes de gestion des épreuves, dans une parfaite unité, avec une motivation intacte de bout en bout. De quoi susciter des vocations ?

Christophe et Fabrice, vainqueurs du challenge des semi-marathons d'Alsace

Dossard 221 : Christophe, précédé de Fabrice, dossard 208, sur le semi-marathon d'Epfig 2015.

Trouver une motivation pour courir

Christophe et Fabrice sont deux runners a priori très ordinaires. Ils se sont connus parce qu'ils étaient voisins et se sont mis à la course à pied, l'un pour résorber, l'autre pour éviter un surpoids.

Christophe, en 2002, est le premier à entrer en piste : "à l'époque, j'avais envie de retrouver la forme et de perdre quelques kilos", évoque-t-il. "Je me suis mis sérieusement à la course à pied en 2003 avec mes premières compétitions sur 10km".

En 2008, il devient mentor d'un Fabrice qui, après 20 ans de pratique, venait d'arrêter le handball. "J'avais besoin de me défouler et de limiter ma prise de poids", explique l'ancien sport co. "Christophe m'a encouragé à courir : lui prenait part à des courses depuis des années et me décrivait le plaisir que cela lui procurait." Sceptique, Fabrice se demande pourtant : "courir, certes, mais après quoi ? Moi qui étais compétiteur, j'avais du mal à trouver un intérêt dans cette pratique". Il se met néanmoins, "à courir deux fois par semaine. Je me suis forcé et j'ai insisté".

La première compétition à laquelle ils participent ensemble fait tout basculer : "c'était sur les 10km de la Rotonde, en 2009". Au classement, Fabrice, qui termine en 43'12, s'aperçoit que "Christophe ne m'avait devancé que de quelques secondes - ça m'a encouragé à m'inscrire 15 jours plus tard à La Robertsauvienne, avec pour objectif cette fois d'améliorer mon chrono !"

La motivation était donc toute trouvée : "battre mon chrono et devancer mon pote sur une course !", et c'est lorsqu'il réalise son troisième 10km à Fegersheim et finit loin devant Christophe en 39'12, que Fabrice "chope le virus" pour de bon. "Il me restait alors à me tester sur de nouvelles distances : semi-marathon de Rosheim en 2009 en 1h30, marathon en juin 2010 en 3h30." Autant de scores encourageants qui incitent notre coureur à ne plus pratiquer de façon isolée. Avec Christophe, ils décident, "en janvier 2012, d'intégrer l'ASL La Robertsau."

Christophe et Fabrice, vainqueurs du challenge des semi-marathons d'Alsace

Christophe et Fabrice sont membres de l'ASL La Robertsau : "Un super club", précise Christophe, "à l'ambiance très sympa, et où l'on bénéficie des conseils et du coaching d'un grand monsieur de l'athlétisme, Fernand Kolbeck (cinq fois champion de France de marathon). Ici en photo : Christophe à l'arrivée du semi-marathon de Molsheim.

Un entraînement à la hauteur d'objectifs personnels de performance et de bien-être élevés

Pour continuer à progresser, Fabrice et Christophe s'entraînent beaucoup. Ils y mettent même un certain acharnement, puisque tous deux réalisent de cinq à six séances par semaine, soit "entre 60 et 80km en moyenne", indique Christophe, dont une à deux en fractionné "avec les partenaires du club." Début 2015, Fabrice, en préparation du marathon de Paris, en était même arrivé à 100km par semaine.

Ce dernier l'admet : "je pratique de façon assez intensive. Je privilégie la course sur route en compétition avec, en général : 2 à 3 marathons par an (j'en suis à 14), des semi-marathons, des 10km". Dans ce programme déjà bien chargé, il s'aligne "plus rarement sur des 5km et des courses nature. Je bascule sur ces formats-là par opportunité, quand il n'y a pas de courses sur route plus longues au même moment." Cela va jusqu'à "des petits trails, de distance inférieure à 25km, où, même si je souffre en montée, je compense avec les descentes que j'adore !"

Très humblement - en regard des scores auxquels il parvient - Christophe explique de son côté avoir complètement intégré la course à pied dans son quotidien : "c'est devenu mon sport, même si j'apprécie de plus en plus le vélo, à la fois VTT et route - un bon complément course à pied, moins traumatisant pour les articulations, et qui permet de faire travailler d'autres muscles." Sur le circuit des courses en Alsace, notre athlète participe "essentiellement à des courses sur route, une vingtaine sur l'année. Je ne fais pratiquement jamais de cross mais, en hiver, il m'arrive de participer à un Bike & Run."

Visiblement épris de la discipline, il admet ne jamais "faire de coupure, hormis peut-être une petite semaine à Noël". Il remarque aussitôt que "c'est sûrement un tort", mais cela s'explique aisément : "la discipline m'apporte beaucoup. Elle m'est devenue essentielle, pour le bien-être qu'elle me procure, ainsi que pour les amitiés qu'elle m'a permis de nouer."

Christophe et Fabrice, vainqueurs du challenge des semi-marathons d'Alsace

Pour éviter la routine, Fabrice - ici sur le marathon du Vignoble d'Alsace en 2013 - aime diversifier ses parcours d'entraînement "avec des portions nature de temps en temps". L'essentiel pour lui étant de trouver dans chaque séance un mélange de "bien-être, de shoot d'endomorphine, d'accomplissement personnel, ainsi que la fierté, le partage d'une passion commune, la convivialité." Soit, au final, tous les éléments pour une bonne "hygiène de vie."

À l'aise sur la longue distance

Avec un tel niveau et le goût des défis, c'est en toute logique que lorsqu'ils découvrent le challenge "Et si je participais à tous les semi-marathons d'Alsace en 2015 ?", Fabrice et Christophe sont séduits par le concept.

"En général, je fais cinq semi-marathons dans l'année", indique Christophe. "J'ai trouvé sympa l'idée de les faire tous ! C'était motivant de suivre la progression des autres participants, et surtout de me tirer la bourre avec mon pote !"

Pour Fabrice, "la distance semi-marathon (avec le marathon) fait partie de celles que je préfère". De plus, "j'avais déjà prévu de courir plusieurs semi-marathons", notamment en préparation de ses deux objectifs de l'année : "le marathon de Paris en avril, et celui de New York le 1er novembre."

Poussé par son tempérament joueur, "ça m'intéressait d'être mis en compétition sur la durée avec d'autres coureurs", mentionne-t-il encore, car "c'est la présence des compétiteurs qui rend l'épreuve stimulante". Et cela se vérifie encore plus ici, car "la compétition entre Christophe et moi est habituelle", évoque Fabrice. "Elle nous permet tout au long de l'année de jauger de nos formes respectives car nos perf' sont proches, et nous faisons des entraînements communs. La plupart du temps, il est devant à l'entraînement, puis c'est moi en compétition. J'ai 8 ans de moins que lui, alors ça aide, mais ça devient de plus en plus difficile."

Sur un plan plus personnel : "plus que la perf' isolée sur une course, la régularité et l'enchaînement des compétitions sur les week-ends successifs m'ont séduit", poursuit Fabrice. Lui qui venait de battre son record sur la distance à La Wantzenau avait envie de tester sa "régularité sur l'année". Car "à chaque fois que je prends le départ d'un semi, l'objectif est d'être sous les 1h30. À voir donc, sur le challenge, si j'allais réussir à être en dessous sur un maximum de courses."

Avec la perspective, peut-être, de finir loin devant : une autre motivation pour lui qui "sur les courses, ne joue jamais la gagne ni les places d'honneur. Par ce challenge, j'allais peut-être avoir l'opportunité de figurer sur un podium."

Christophe et Fabrice, vainqueurs du challenge des semi-marathons d'Alsace

 "Lors d'une course à Epfig que Christophe avait menée de bout en bout", raconte Fabrice. "Je suis revenu sur lui au prix d'un effort très intense ; il ne s'attendait pas à ça et voilà que je le dépasse 2m avant la ligne d'arrivée. J'ai adoré voir son étonnement. C'est cet aspect de la compétition qui me force à me transcender et à faire de meilleurs chronos. Ce jour-là, s'il n'avait pas été devant moi, j'aurais terminé ma course avec 30 secondes de plus". Ici Christophe à l'arrivée du semi-marathon d'Epfig 2015.

Enchaîner et se surpasser

Pour toutes ces raisons, "le challenge a été très stimulant", indique Fabrice. À aucun moment l'idée d'enchaîner plusieurs semi-marathons n'a inquiété nos deux athlètes, même si c'était une première : "Je récupère plutôt bien des compétitions et, assez fréquemment, j'enchaîne les courses le week-end", mentionne-t-il encore. "Plutôt que de privilégier une course en particulier pour faire une perf', je préfère les enchaîner, même si cela peut être préjudiciable au chrono et à la récupération avec la fatigue qui s'accumule."

Christophe confirme que l'exercice de cumuler les épreuves, même à intervalles réduits, "n'est pas trop difficile si l'on est bien entraîné". Lui s'est contenté de ses séances habituelles, sans chercher à en faire plus. Le défi était même peut-être un peu trop simple au goût de notre sportif, puisque, "une semaine après le semi d'Ottrott, j'ai couru le marathon de Strasbourg-Ortenau en Duo, ce qui, depuis le mois de septembre, représente 5 semi-marathons en 7 semaines."

"Tout au long du challenge", explique Fabrice, "nous avons enchaîné les courses avec Christophe mais aussi les perf'. Comme nous nous sommes tiré la bourre sur chaque épreuve, nous avons réalisé de très bons chronos. Autre coup de bol : on semble être sur des pics de forme au même moment tous les deux." Or, "sans cette compétition et ce challenge, on se serait moins battu. On final, on est ravi par nos chronos !" Ce qui lui fait conclure que "la compétition est finalement bonne pour la compétition !"

Le seul passage vraiment difficile pour Christophe a été l'après Ottrott : "une course que j'ai bien sentie passer, musculairement parlant. Ce semi-marathon a un profil trail, or moi, je suis un montagnard des plaines : pas bon en montée et mauvais en descente !" Une course d'autant plus éprouvante que Christophe est déçu par son score, or, si, pour lui, "c'est toujours gratifiant de battre son chrono sur une distance donnée, a contrario, faire une mauvais course en période me sape le moral". C'est avec philosophie qu'il affirme cependant que cela ne dure que "jusqu'à la prochaine échéance : car la course à pied est un éternel recommencement."

Et en la matière, valorisé par les nombreux athlètes qui ont figuré cette année au palmarès, le challenge des semi-marathons d'Alsace se profile à nouveau pour 2016. Si Fabrice et Christophe l'ont mené à vive allure, cette condition n'est toutefois pas indispensable pour le réussir. Il suffira peut-être de suivre la recommandation de Christophe : "penser surtout à prendre du plaisir en participant à ces épreuves." Un précepte moteur, qui, suivi à la lettre, peut faire aller très loin chacun d'entre-nous.

Christophe et Fabrice, vainqueurs du challenge des semi-marathons d'Alsace

Se donner à fond - comme ici Christophe sur le semi-marathon de Rosheim 2015 - est l'apanage du duo Christophe-Fabrice, véritables mordus de course à pied. Et si, après avoir devancé son pote sur la majorité de la saison, Fabrice n'est que deuxième au classement final, c'est qu'il décide d'éluder le semi d'Ottrott, argumentant notamment que : "la course s'apparente plus à un trail et me semble incompatible avec mon objectif de marathon 15 jours après. Par prudence, je préfère renoncer". Mais parce que leur duo est indissociable, c'est main dans la main qu'ils se partagent la tête du classement - et finissent ex-aequo dans les coeurs.


Christophe et Fabrice, vainqueurs du challenge des semi-marathons d'Alsace

Christophe, 49 ans, habite à Strasbourg.

  • Son score sur le challenge "Et si je participais à tous les semi-marathons d'Alsace en 2015 ?" : il a réalisé toutes les étapes, soit 8 épreuves, et termine premier.
  • Sa plus grande fierté dans son parcours course à pied : "à mon modeste niveau, ce dont je suis le plus fier, c'est peut-être de me sentir plus en forme à l'aube de la cinquantaine qu'à trente ans".
  • Ce qu'il retient du challenge : "j'ai adoré l'ambiance à Colmar, comme celle d'Epfig, de Molsheim et de Rosheim avec leurs parcours vallonnés. Et j'ai un faible pour Sélestat et son parcours roulant propice aux chronos."
  • Son petit mot : "en Alsace, il y a ces dernières années une inflation du nombre de courses, sur route, nature ou trail. Et même si de plus en plus de gens courent, le nombre de coureurs n'est pas non plus exponentiel. D'où une certaine concurrence entre les courses qui ne va pas forcément dans le bon sens. Autre bémol : le prix d'inscription de certaines courses, que je trouve injustifié si elles ne soutiennent pas une association."

Fabrice, 41 ans, habite à Strasbourg.

  • Son score sur le challenge "Et si je participais à tous les semi-marathons d'Alsace en 2015 ?" : il a réalisé 7 épreuves et termine deuxième.
  • Sa plus grande fierté dans son parcours course à pied : "les marathons. C'est tellement dur et exigeant en termes de préparation. Mais quelle satisfaction de se fixer des objectifs et de réussir à s'en approcher grâce au travail, à l'investissement donnés ! Arriver un jour à un chrono sous les 3h serait fantastique pour moi."
  • Son souvenir le plus marquant : "J'ai eu la chance de courir le marathon de New York le 1er novembre 2015. J'étais dans un bon jour et j'ai pu apprécier l'ambiance qui est là-bas inimaginable. Le public est amassé sur les bords du parcours et hurle ses encouragements. Aux alentours du 23km, on traverse le Queensboro Bridge, pont reliant le Queens et Manhattan. Ce pont est interdit au public. Seul le bruit de nos pas et notre respiration accompagnent alors les coureurs sur deux kilomètres. On se retrouve soudain face à nos doutes, on réfléchit à nos allures de course, on s'imagine la distance restant à parcourir et puis, arrivé au bout, on entend une clameur monter : celle des encouragements de centaines de spectateurs massés sur la première avenue. C'est un moment fantastique à vivre, à donner des frissons !"
  • Ce qu'il retient du challenge : "Le challenge et les semi-marathons m'ont été profitables. Ils m'ont permis de réaliser une préparation ludique et sans pression" et d'atteindre son objectif annuel avec les marathons de Paris (en 3h08 - "une contre-performance liée à des crampes et un surentraînement") et de New-York, abordé plus sereinement, et terminé, malgré un parcours plus éprouvant, en 3h07. 

À noter : Fabrice et Christophe apporteront également leur témoignage dans le guide-conseil du semi-marathonien d'Alsace, diffusé et téléchargeable fin janvier 2016 sur Plaisir du sport en Alsace. Suivez-nous sur notre page Facebook pour vous tenir informés à ce sujet.


L'auteur,
Elyse Moreigne

Editrice de Plaisir du sport en Alsace, passionnée de langages écrits, nageuse, coureuse et randonneuse, parfois triathlète, engagée pour valoriser la pratique sportive en Alsace en tant que source de bien-être, d'enthousiasme, de dépassement de soi !
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