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Evolution de la pratique
Cyclisme
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Oser le vélo-taf : motivations, risques et bonnes pratiques pour Cédric, David et Julien

Quelle que soit l'heure du jour, la température ou la saison, Julien, 23 ans, Cédric, 33 ans, et David, 40 ans, ont opté pour le vélo comme moyen privilégié pour se rendre au travail.

Sous le prétexte de prendre un bol d'air vivifiant, voire de concilier sport et déplacements, ces profils, qui ont en quelque sorte appris à pédaler avant de savoir marcher, ne tarissent pas d'éloges vis-à-vis de cette pratique, qui leur permet d'envisager autrement le trajet jusque chez leur employeur.

Conscients qu'à vélo, peut-être plus qu'avec n'importe quel autre moyen de déplacement, le plaisir de rouler et de voyager vite côtoie le risque inhérent à une route partagée, tous trois prennent au quotidien toutes les mesures possibles pour éviter l'accident.

Leur approche souligne bien qu'entre ses nombreux avantages et ses inconvénients aux conséquences parfois tragiques, le choix du vélo-taf a toute sa légitimité en Alsace. Mais pas partout.

En attendant qu'évoluent les pratiques et les mentalités, inspirons-nous de l'exemple de ces trois profils pour commencer à songer, pourquoi pas très sérieusement, à changer de mode de déplacement - afin de bénéficier nous aussi du bien-être personnel, de la vitesse et de l'agilité, voire de l'économie engendrés par le deux-roues.

 

Sur le tracé ci-dessus, le parcours quotidien de David, qui réalise 12,5km aller simple tous les jours pour se rendre à son travail, sur la portion Wickerschwihr-Ingersheim, avec 80% de pistes cyclables. Plus rapidement, Julien se prépare physiquement à des travaux viticoles en pédalant 5km sur route entre Ostheim et Ribeauvillé. Pour Cédric, le trajet entre Hattstatt et les Hôpitaux civils de Colmar représente un moyen de s'entraîner, et varie, entre 10km aller en direct et plus souvent 40km, juste histoire d'allonger la boucle et de faire quelques bosses.

Des sportifs depuis toujours

D'aussi loin qu'ils se souviennent, David et Julien ont toujours - ou presque - pédalé : dès l'âge de 4, ou peut-être 5 ans ? Cela remonte à loin, et a tout de suite pris de belles proportions, puisque, "avec mon frère", témoigne David, "nous participions déjà à de belles balades, telles que le tour de Colmar à vélo (une manifestation très populaire dans les années 80), la rando cyclo CORA à Houssen, etc. Pendant l'adolescence, j'ai été un mordu de cyclisme sur route : je parcourais régulièrement tous les grands cols et sommets de nos Vosges, sur des boucles de 80 à 100km." Pendant une bonne période ensuite, "j'ai délaissé le cyclisme sur route, devenu monotone, pour me tourner progressivement vers le VTT et le côté plus nature." Et pour varier les plaisirs, "au moment des études, je suis devenu adepte d'autres sports comme le tennis, la course à pied, le volley - des sports que je continue à pratiquer aujourd'hui."

Pour Julien la motivation initiale a été, "peut-être, liée au fait que mon père a toujours fait beaucoup de moto". Le vélo, cette mini-moto non motorisée, seul ersatz accessible pour le petit garçon de l'époque, "a toujours été mon sport de prédilection. J'ai toujours pratiqué ce sport avant tout comme un hobby. Et même si, plus tard, j'ai fait partie d'un club de VTT descente, je me suis rendu compte que la compétition ne me plaisait pas tant que ça."

La pratique sportive est là "depuis toujours" pour Cédric, qui a abordé le cyclisme après avoir fait "du ski et du roller, puis du snowboard. Ce sont mes parents qui m'ont transmis le virus. Dans ma jeunesse, nous passions tout l'hiver sur des skis, dans les Vosges ou les Alpes. J'ai commencé la compétition en ski, alors le vélo est devenu un outil de préparation." L'adolescence et les études ont marqué un temps d'arrêt dans ce parcours très dynamique. Avant de vite reprendre le dessus car "le cyclisme, et en particulier le VTT, me permet de m'évader. Je prends l'air en montagne, et lorsque j'ai du temps, je sors une carte et je cherche des lieux où je n'étais encore jamais à vélo. Reste à imaginer un itinéraire sympa - et go : en selle !"

Baroudeur, adepte de VTT, Cédric, au départ de Hattstatt, est ici en direction de Colmar, pour se rendre au travail. "Je suis adepte du vélo-taf, mais je suis avant tout passionné de vélo et de nature. J'ai commencé à prendre le vélo pour me rendre au travail afin de pouvoir faire plus de vélo, dès la sortie du travail." En mai dernier, le vélo-taf a représenté son entraînement, avec 1 057,2km parcourus sur 21 498m de dénivelée. Une moyenne mensuelle pour ce compétiteur en cross-country licencié à l'EC Colmar.

Une pratique multi-facettes, multi-avantages

La pratique cycliste devient prépondérante pour David lorsqu'il accède au poste de conseiller séjour à la station du Lac Blanc : "j'ai alors commencé à utiliser ce moyen de locomotion pour me rendre en vélo au travail, soit un aller-retour de 60km, avec passage de cols. Pour moi, ça a été une première expérience des plus positives". Depuis 2015, David travaille à Ingersheim. À l'arrivée des premiers beaux jours, "je me suis dit pourquoi pas faire le trajet en vélo ? Ça me permet d'être au grand air, de m'oxygéner. Depuis, je m'y rends principalement à vélo, même par des températures glaciales. Je suis motivé par la distance, moins de 15km, et par le parcours qui exclut à 80% les grands axes de circulation. Si j'ai commencé en vélo traditionnel, depuis 2016, je suis passé à un vélo à assistance électrique (VAE). Le calcul est des plus intéressants car, par rapport à la voiture, je ne mets que 10 minutes de plus, et je peux réaliser jusqu'à 40€ d'économie d'essence par mois. C'est un investissement pour gagner du temps et, bien sûr, encore plus l'utiliser comme moyen de déplacement."

La démarche de Cédric s'est quant à elle d'abord inscrite dans une logique d'entraînement. "Le vélo-taf est venu d'abord pour allier sport et déplacement", explique-t-il. "Puis je me suis rendu compte qu'après le boulot, cela me permettait de décompresser, de rentrer plus zen. Depuis, je vais au travail en tenue de cycliste, et, à la fin de la journée, je fais ma sortie en fonction de la motivation, du temps que je peux y consacrer, de la météo... Je fais évoluer mon trajet dans le temps, à la fois pour progresser, mais aussi pour ma sécurité. J'évite au maximum les grands axes, je privilégie le vignoble et les pistes cyclables pour aller au travail. Quant au retour : tout dépend de la météo, de la motivation, de l'envie..." Tout comme David, il estime que "le vélo-taf me fait gagner du temps, car au final mon temps de déplacement de porte à porte n'est pas plus long (pas besoin de me garer, de marcher jusqu'au travail). Mais l'avantage, c'est que le soir je ne repars pas faire du sport : lorsque j'arrive à la maison j'ai déjà fait ma séance." En termes de bien-être, le gain est évident : "je rentre l'esprit plus léger, et du point de vue santé, je me sens mieux." Dernier argument imparable : "cela décomplexe le gourmand que je suis !"

Pour Julien, se rendre à vélo à son travail revêt un côté obligatoire : "je n'ai pas le permis", explique-t-il. "C'est donc un outil de déplacement avant tout, que ce soit dans les loisirs ou pour me rendre au travail". Pour autant, "depuis mes 12 ans environ, je me déplace essentiellement à vélo, car j'aime la sensation de liberté que cela procure. De plus, au fil des années, j'ai pris conscience des bénéfices pour la santé et l'environnement." Ce qui était à l'origine une nécessité a donc fini par devenir "une bonne habitude, dans le sens où ça m'aide à me motiver et me donne souvent la pêche de bon matin - surtout quand je pars à 4h30 en été." Cette occasion de faire du sport apporte aussi son lot de moments agréables "comme l'aube matinale qui est à chaque fois un spectacle saisissant", souligne-t-il. Et ce qui compte par dessus tout pour l'indépendant Julien, c'est de n'avoir à compter sur personne : "je suis mon seul moteur. La contrainte principale est la distance : au-delà de 10km, la route se fait longue et cela demande de partir parfois très tôt pour arriver à l'heure." Pas question donc de louper son réveil...

David, sur un circuit agréable, qui longe le canal d'Horbourg, entre Wickerschwihr et Ingersheim. Pour lui, aller au travail à vélo, c'est "apprécier au plus près la flore, la faune. De plus, je peux maîtriser totalement mon parcours et en changer si besoin."

La sécurité à vélo : une priorité qui se gère à chaque instant

Pour nos vélo-tafeurs, la motivation ne fait aucun doute. Pourtant, elle s'accompagne d'un risque dès lors que l'espace de circulation est partagé avec d'autres engins, motorisés et beaucoup plus rapides.

Comme le souligne Cédric, "la route, c'est LE frein au vélo-taf. En octobre dernier, pour éviter un véhicule qui me dépassait de trop près sur la voie verte que j'emprunte quotidiennement, j'ai dû sortir de ma trajectoire, et j'ai chuté sur le bas-côté. J'ai eu de la chance : à part quelques bleus, je n'avais rien. Enfin : j'ai quand même cassé mon cadre. Le conducteur, lui, ne s'est pas arrêté. Peut-être même qu'il ne m'a pas vu. Je portais pourtant une veste flashy et mon éclairage fonctionnait. Mais avec des vitres mal dégivrées..." Avant cet incident, Cédric n'avait pourtant aucune appréhension, mais "après m'être fait dépasser ainsi trop souvent, j'ai fini par adapter mon trajet. Je privilégie les routes avec peu de circulation, les voies agricoles, les voies vertes et les pistes cyclables, même si c'est plus long." Il regrette portant que cela ne suffise pas toujours : "sur ces 5 dernières années, j'ai eu deux accidents, heureusement principalement du matériel. Et je ne compte pas les frayeurs ! Il n'y a pas un jour désormais où je n'aie pas peur sur la route. Il faut être hyper attentif, tout anticiper. Même les voitures à l'arrêt peuvent être un danger. Sur la route, nous sommes les plus vulnérables."

Avant de se lancer, quelques appréhensions étaient déjà là chez David : "j'avais peur avant tout par rapport au comportement des automobilistes et des risques d'accidents, mais aussi de croiser du gibier lorsque je rentre en nocturne." Pour éviter de tomber dans le panneau, David choisit "des itinéraires différents en fonction de mes horaires de travail, ce qui me permet aussi de m'adapter au trafic routier que je pourrais rencontrer". Ce qui compte, "c'est la sécurité avant tout. Si je finis à 21h, je favorise un retour par la ville pour bénéficier de l'éclairage urbain, et c'est un moment où il y a moins de circulation. Si je termine à 14h, ce sera un retour par le vignoble et les champs. Avec le temps, on réussit à définir le parcours idéal en fonction de l'horaire, la météo, etc. C'est aussi ça l'avantage du vélo : la grande flexibilité dans son utilisation."

Julien de son côté n'avait d'autre appréhension que "d'arriver en retard les premiers jours, dans un nouveau job par exemple, à cause d'une mauvaise estimation du trajet et de sa durée". Autre frein à la pratique : "le fait d'arriver en sueur avant même d'avoir commencé le travail peut aussi être gênant". En dehors de ces aspects-là, "en général, je me sens en sécurité. Néanmoins, à certaines heures, notamment vers 17h, les automobilistes montrent beaucoup moins d'attention et sont souvent source de situations dangereuses. J'ai toutefois l'opportunité d'emprunter les chemins agricoles si je veux."

Pour éviter le danger, la règle la plus importante de nos vélo-tafeurs, c'est d'être bien vus. "Je m'efforce d'être le plus visible possible, et aussi de maîtriser ma trajectoire lorsque je ne suis pas sur une piste cyclable", précise Julien. Pour Cédric, il faut "être vu et annoncer ses intentions". David fait preuve d'un bon comportement cycliste qui tombe sous le sens : "Je respecte le code de la route. Je m'arrête si le feu est rouge, j'utilise les pistes cyclables s'il y en a, j'évite de monter sur les trottoirs, je préviens quand je change de direction. La bonne conduite personnelle passe aussi par l'équipement, avec des accessoires de base pour sécuriser : port de casque, de gants - comme un motard."

Afin de jouer la carte de la sécurité, l'une des solutions consiste à jouer sur les alternatives en termes de parcours. Quitte à couper à travers champs, comme cela arrive à Julien, même avec un vélo de route... En photo : Julien vient de terminer sa journée de travail, démarrée à 5h, et s'apprête à rentrer chez lui en pédalant. Il est 13h30.

Vers une évolution des moeurs - et des comportements ?

Alors : que faire lorsque "les aménagements cyclables ne sont pas faits par des cyclistes", comme l'estime Julien, ou que "les aménagements réservés aux cyclistes sont loin d'être suffisants", comme l'a éprouvé Cédric ? Ce dernier va même plus loin : "même les pistes cyclables sont dangereuses. Hors agglomérations, elles ne sont pas entretenues. En agglomération, elles ne sont pas suffisamment respectées (véhicules mal garés, voire pire : des véhicules qui circulent sur ces voies réservées !) Une piste cyclable devrait être une voie à part entière, matérialisée de part et d'autre par un trottoir, des plots. Et non pas un simple trait sur la chaussée. En Alsace comme ailleurs, les infrastructures sont insuffisantes ou inadaptées. Les pistes cyclables doivent être praticables et sécurisantes, sinon elles sont inutiles."

Le gros danger, c'est qu'aujourd'hui, "tout le monde veut aller vite", continue-t-il. "On considère le temps de déplacement comme du temps perdu. Le risque n'est pas suffisamment pris en compte. Et il n'y a pas de solution miracle. Dans les circonstances actuelles, c'est avant tout à nous, cyclistes, d'être prudents et de nous mettre en sécurité. Evidemment, il faut sanctionner les cas les plus extrêmes : le chauffard qui pousse le cycliste à la chute, mais aussi le cycliste qui grille la priorité à un automobiliste qui doit alors freiner d'urgence."

Une solution tangible ? Contraindre chacun à varier les modes de déplacement et devenir tour à tour : piéton, cycliste, automobiliste. Faire descendre de la voiture, pour faire prendre conscience des risques, des comportements dangereux, afin que chacun adapte sa vitesse, modifie sa vision. Cette idée, Cédric l'applique déjà. Pour lui qui est "à la fois automobiliste, cycliste et piéton, la route se partage. Je souhaite simplement que chacun prenne le temps de se mettre à la place de l'autre pour essayer de comprendre pourquoi : l'automobiliste a coupé la route au cycliste / le cycliste a pris le passage piéton / le piéton marche sur la piste cyclable, etc. La compréhension et le partage sont des valeurs trop souvent oubliées".

David estime pour sa part que "des efforts ont été réalisés ces dernières années, et surtout dans notre région. On progresse, on progresse ! À tous ces éléments s'ajoutent des primes pour acquérir des vélos. Je trouve que c'est bien de se donner une politique qui va dans le bon sens." Par contre, face aux comportements de certains automobilistes, il ne transige pas : "difficile de changer le caractère d'un Français, qui reste un râleur, se trouve tous les droits, n'a jamais de torts. En France, en tant que cycliste, vous avez plus souvent droit à des insultes qu'à des salutations ou à des signes de sympathie. Le cycliste est vu chez nous comme une entrave à la circulation, et non pas comme une alternative à la voiture."

Et c'est bien dommage, d'autant qu'en Alsace, "nous avons la chance d'avoir un réseau bien développé, des politiques qui promeuvent le cyclisme (avec l'organisation de manifestations : Slow Up, opération Au boulot à vélo !), des itinéraires variés (plaine ou montagne). Il manque juste des initiatives et des infrastructures intelligentes pour désengorger les villes de la pollution automobile." Tout cela est possible, car, comme il le souligne : "lors d'un week-end à Copenhague au Danemark, je me suis rendu compte du fossé énorme qui existe sur ce plan-là. Dans ce pays, le respect est la norme vis-à-vis des cyclistes. La politique va aussi dans ce sens". Respect ? Partage ? Prendre en compte les besoins de chacun ? Et si on commençait simplement par prendre soin de ce qui est plus fragile que soi...?

Le mouvement Mon vélo est une vie s'indigne contre le manque de considération des autres usagers de la route. De son côté, la FFCT a édité une charte cyclable, afin de mettre en avant les dangers auxquels sont confrontés les cyclistes, et de faire réagir les autorités compétentes. Et ils ne sont pas les seuls à vouloir faire bouger les lignes. Reste à espérer que les villes s'organiseront à l'avenir, à l'image de Copenhague qui, comme l'a constaté David, est la ville idéale pour le déplacement doux qu'est le vélo. "Plus de la moitié de la population se rend au travail en vélo. Il y a plus de vélos que de voitures dans les centres urbains. Si nos grandes villes s'inspiraient de ce modèle-là, peut-être que d'ici quelques années on trouverait plus de bicyclettes que de voitures dans les centres des grandes villes alsaciennes ?"


Vélo-taf : quelques bons conseils - et mises en garde - avant de vous y mettre

  • Anticiper

L'idéal pour pratiquer sans trop de risques, c'est de "prendre le temps de tester son itinéraire un jour de congé, afin d'observer les points critiques et, si besoin, imaginer un autre parcours plus sécurisé. Puis tester ce nouveau parcours, se chronométrer et l'imaginer aux heures de passage effectives", analyse Cédric. Julien préconise de se laisser une "bonne marge d'avance par rapport à ses horaires, afin de ne pas stresser en cas de petit retard, ou de souci technique."

  • Entretenir son équipement

"Le vélo, c'est avant tout comme une voiture : si on ne veut pas avoir de pépins il faut l'entretenir", affirme David. "À vélo, la pression des pneus est importante, car un pneu bien gonflé amoindrit le risque de crevaison".

Pour Cédric, "s'équiper et entretenir son matériel a un coût. En particulier l'hiver et la nuit. À titre indicatif, pour être bien vu, rien que mon éclairage revient à 250€. Par rapport à un déplacement en auto, je ne fais pas d'économie."

  • Ne pas jouer avec le temps

L'autre aspect, c'est d'être tributaire de la météo : "j'y prête très attention et je n'hésite pas à comparer les prévisions", indique David. "Si le risque d'orages est très élevé, je ne prends pas le vélo. S'il s'agit d'une averse, j'ai toujours de quoi me protéger." Même topo pour Cédric : " je suis toujours la météo, et si possible la météo locale, plus fiable. Je ne prends pas le vélo quand il pleut le matin : arriver trempé au travail, ce n'est pas sympa, surtout lorsqu'on n'a rien pour se changer et qu'il faut remettre ses vêtements trempés pour rentrer. Si la météo est orageuse, je prends simplement mon coupe-vent. Et puis parfois, je me fais avoir : je rentre quand même trempé !" Quant à Julien : "en cas de forte pluie, j'ai avec moi un K-way de type poncho". 

  • S'organiser pour le travail... et pour faire face aux petits pépins

Il faut aussi s'organiser en amont : "prévoir des vêtements de rechange sur son lieu de travail, savoir où garer son vélo, prévoir, si c'est possible, de quoi se doucher. À vélo, il faut anticiper", estime David.

Une trousse de secours est bien pratique également. "Pour les petits pépins liés à la pratique cycliste, j'emporte une chambre à air, une pompe et un multi-outils", indique Cédric. "Cela suffit dans la plupart des cas. De plus, j'ai sur moi du désinfectant, des pansements, un briquet (les venins de guêpes, frelons, abeilles sont thermolabiles : chauffer un peu la zone de piqûre réduit le gonflement et la douleur)."

Julien quant à lui n'a pas de quoi faire face aux crevaisons. "Je pars du principe que la distance n'est pas très grande (5km) et que dans le contexte vélo-taf, le temps de réparation est souvent trop élevé." Enfin, pour David, "mon téléphone reste mon meilleur outil en cas de gros pépin". Un mobile qui vient aussi au secours de Cédric pour appeler en urgence "la famille ou les potes".

Et pour plus d'infos :


  Cédric Vetter, 33 ans, Hattstatt (68)

  • Profession et lieu de travail : préparateur en pharmacie hospitalière, Colmar (68), Hôpitaux civils
  • Oser le vélo-taf : clairement, Cédric est un adepte convaincu. Pour mieux pratiquer, son cahier de doléances ne tarit pas de suggestions. Il estime notamment que la pratique vélo-taf n'est pas considérée à sa juste valeur : "Le vélo comme moyen de transport n'est pas encouragé, pas valorisé. Impossible par exemple de se faire rembourser une partie de son titre de transport, ou de se mettre aux frais réels pour la déclaration d'impôts. Si c'était un moyen de transport plus économique, nous serions plus nombreux à l'utiliser. Donc les infrastructures seraient améliorées. Des progrès ont été faits avec la loi de transition énergétique et les indemnités kilométriques à vélo. Mais comme cela reste facultatif, même dans la fonction publique ce n'est pas mis en oeuvre. Alors quelle est l'utilité ?" Quant aux entreprises, "elles pourraient aussi apporter leur pierre à l'édifice : mise à disposition d'une douche, d'un garage à vélo sont des petits plus bien pratiques." Et à moins d'avoir dans les équipes de direction des sportifs qui comprennent ces besoins-là, il est rare de voir exaucer ce voeu on ne peut plus légitime...
  • Ce qu'il regrette : "Peu d'automobilistes savent qu'un cycliste se déplace aussi vite qu'une voiture en agglomération Par exemple à l'approche d'un rond-point avec piste cyclable sur la droite, il est rare de voir un automobiliste regarder dans son rétroviseur et l'angle mort pour vérifier que le cycliste qu'il vient de dépasser n'est pas en train de le doubler à nouveau. Dans ce cas, je préfère m'intégrer au milieu de la route (comme une moto), et indiquer mon intention de tourner avec le bras. Au pire, on me klaxonne, mais au moins je sais qu'on m'a vu, et je ne reste pas coincé entre la porte d'une auto et le trottoir."

  Julien Rieffel, 23 ans, Ostheim (68)

  • Profession et lieu de travail : ouvrier viticole, Ribeauvillé (68), Vins Louis Sipp
  • Oser le vélo-taf : "J'aimerais que davantage de personnes découvrent les bienfaits du vélo en général, et que les pouvoirs publics encouragent à utiliser ce moyen de déplacement."
  • Ce qu'il regrette dans sa pratique cycliste : "L'infrastructure en elle-même est de qualité mais elle manque d'entretien dans certaines zones".

David Morales, 40 ans, Wickerschwihr (68)

  • Profession et lieu de travail : réceptionniste et guide touristique en résidence hôtelière, Ingersheim (68), Les Rives de la Fecht.
  • Oser le vélo-taf : "il suffit de peser le pour et le contre, tout simplement, et de faire un calcul sur l'année pour se rendre compte que cette petite économie au quotidien peut payer des vacances ! Ensuite, le gain est dans l'état de forme, et le physique, ça n'a pas de prix." L'avantage dans sa pratique vélo-taf c'est que "sur mon lieu de travail, je dispose de douche : un confort non négligeable avant de prendre mon poste."

L'auteur,
Elyse Moreigne

Editrice de Plaisir du sport en Alsace, passionnée de langages écrits, nageuse, coureuse et randonneuse, parfois triathlète, engagée pour valoriser la pratique sportive en Alsace en tant que source de bien-être, d'enthousiasme, de dépassement de soi !
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Cet article a été commenté 1 fois

De : Heymann, le 20/07/2017 à 15h20min39s |
Bonjour Ravi de cet article. Moi aussi je vais au travail en vélo.ete comme hiver ( 17km aller ) Les points sécurités émis par Cédric sont justes.De plus il faut faire des écards sur les pistes cyclable liées à des débris de verres; Heureusement que j' ai de bons pneus!!! Prise de rond point ou il faut être très vigilant, les automobilistes se rendant au travail le matin sont très irrespectueux des cyclistes . là je pense aux pays du nord de l' Europe Pourquoi le vélo, hé bien pour le sport et l'économie réalisée Merci pour ces articles
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