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Marjorie et Virginie : sous l'innocente blondeur, la détermination de deux lionnes !

De nos jours, qui oserait encore prétendre que les femmes n'ont pas toute leur place dans les défis sportifs relevés ? Certes, elles restent moins nombreuses sur la ligne de départ des compétitions, pourtant elles s'accrochent avec autant - davantage ? - de passion et d'énergie que les hommes.

Les exemples pour célébrer leur témérité ne manquent pas. Celui de Marjorie, 42 ans, et Virginie, 48 ans, prouve une nouvelle fois que, lorsqu'il s'agit de courir longtemps et souvent, les féminines savent se montrer fermes dans leur résolution, tenaces dans leur engagement.

En 2016, les deux runneuses ont ainsi participé à 8 des 9 épreuves du Challenge 21,1 "Et si je participais à tous les semi-marathons d'Alsace cette année ?" Affichant un large sourire et un soupçon de provocation dans leurs regards, elles expriment aussi, lors des compétitions, leur joie de participer, et de courir pour être bien dans leur tête et dans leurs baskets. Au point de s'essayer à aller un cran plus haut d'une année sur l'autre.

Virginie et Marjorie sur le Challenge 21,1 en 2016

À Bâle en 2016, Sylvie (à gauche), Marjorie (au centre) et Virginie (à droite), membres de l'ASL La Robertsau, étaient au départ du semi-marathon.  Toutes trois inscrites sur le Challenge 21,1, elles ont terminé respectivement 3e, 4e et 2e féminines du défi.

Le poids : déclencheur puis curseur dans la motivation à courir

Virginie l'affirme sans hésitation : "J'adore manger : c'est d'ailleurs pour ça que j'ai commencé à courir. Vous savez les femmes et le poids c'est une grande histoire d'amour... Ou pas d'ailleurs !" L'amour... Ou plutôt le chagrin d'amour : c'est l'autre motif qui a poussé celle qui, à cette époque, n'était pas du tout sportive, à se rendre une première fois au parcours de santé juste en face de chez elle. "Je venais de vivre une séparation. J'ai décidé de commencer à courir pour perdre un peu de poids."

Ce premier essai ne s'avère pas très concluant, puisque, se sentant menacée par un chien lors de sa sortie, elle prend peur et hésite à y retourner. Elle pense à s'orienter vers un autre sport, comme la natation - "mais je n'ai pas accroché". Alors prenant son courage à deux mains, "j'ai recommencé à courir seule au parcours de santé, un tour en marchant, un tour en courant." Le chien n'était plus là, elle se rassure et croise plusieurs fois un club d'athlétisme en entraînement là-bas, club "que j'ai rejoint ensuite." Récemment, en 2015, "j'ai changé et je me suis inscrite à l'ASL La Robertsau : une grande famille ! Le fait de changer d'entraînement m'a remotivée, et reboostée." Et incitée à avoir de grandes ambitions.

Pour Marjorie, la motivation de se délester de quelques kilos qui entravaient son bien-être est aussi le point de départ de l'aventure. "C'était en 2013. J'avais alors une vision très réductrice de ce que j'appelais le jogging. Je me changeais pour aller courir un quart d'heure, et c'était très désagréable car je courais trop vite au début. Je trouvais ça absurde de faire le tour du pâté de maison en étant tellement essoufflée !"

Un ami vient à sa rescousse et Marjorie persévère : "nous courions ensemble, et nous discutions pendant nos footings : d'abord après la course ; puis, ensuite, aussi pendant l'effort. C'est là que j'ai commencé à apprécier". Enfin, le jour où elle rejoint l'ASL La Robertsau, Marjorie se convertit totalement : "J'y ai découvert le fractionné et la course conviviale en groupe". Séduite par l'ambiance des courses, "assez vite, je ne voulais plus courir pour mincir mais mincir pour courir mieux !"

Virginie et Marjorie sur le Challenge 21,1 en 2016

Pour entrer dans la course pour de bon, il a fallu que Virginie et Marjorie fassent preuve d'une sacrée obstination, car leur première fois à toutes les deux n'est pas convaincante. Cela reste cependant un lointain souvenir, pour celles qui réalisent désormais plusieurs semi-marathons dans l'année - et plus encore, si affinités. Ici, Virginie, sur le semi-marathon des Courses de Strasbourg 2016.

Courir : une prise de conscience

Courir mieux, c'est aussi aller loin. Très loin. Car une fois le processus enclenché, le plaisir prend le dessus. L'avantage alors, c'est de trouver dans l'effort "une certaine quiétude" reconnaît Virginie. Son engouement actuel l'intrigue d'ailleurs d'autant plus qu'elle ne faisait pas de sport avant, "et que je vivais avec un cycliste qui passait beaucoup de temps à en faire. Aujourd'hui, alors que je ne comprenais pas ses absences, je reproduis exactement tout ce que je lui reprochais. La vie est parfois bizarre..." Peu importe : l'essentiel est que l'expérience sportive permette de prendre du recul par rapport à soi et à ses choix.

Marjorie de son côté apprécie pleinement le "sentiment de liberté" que procure la course à pied. Elle parle même de "réalisation, de dépassement de soi". Sur le plan de l'organisation intellectuelle, "ça m'aide à penser mieux (pour le boulot, la préparation de mes cours...)". Sans oublier les nombreuses "belles rencontres et la convivialité festive."

Et alors qu'à leurs débuts, elles ne l'auraient jamais envisagé, elles sont rapidement devenues marathoniennes. "C'est ma plus grande fierté", souligne Marjorie, que "de pouvoir dire que je suis marathonienne, alors qu'il y a trois ans j'appréhendais de courir une heure !" De même pour Virginie :  à l'époque de ses premiers pas, "jamais je n'aurais pensé réaliser un marathon, voire plusieurs. Alors je suis fière de mes 12 marathons !" Ils représentent pour elle ses "instants les plus forts en course à pied. Mon premier marathon, à Riga, en 2008 - c'est celui qui marque le plus. Le big one, le marathon de New-York en 2014. Je garde également un excellent souvenir de mon marathon d'Annecy en 2016 où j'ai battu mon record perso en faisant un négative split !"

Pour l'une comme pour l'autre, qui dit marathon dit aussi entraînement. "Pour le moment, je préfère la route, je n'aime absolument pas le vallonné", affirme Virginie. Marjorie court également sur route. En temps normal, ce sont "3 sorties par semaine, dont une (en hiver) ou deux séances (au printemps) de fractionné. Je fais jusqu'à 4 à 5 sorties par semaine pendant les vacances ou lors des préparations marathon (pour atteindre environ 50km par semaine)".

Même club, mêmes goûts, mêmes aspirations : il n'est pas étonnant que Marjorie et Virginie se soient lancées dans le Challenge 21,1.

Virginie et Marjorie sur le Challenge 21,1 en 2016

 Marjorie a participé à 8 épreuves semi-marathon en Alsace en 2016, et s'est offert le luxe de participer aussi au semi-marathon du Luxembourg, en mai 2016.

Cumuler les semi-marathons : juste pour s'entraîner

Pour Marjorie, la motivation de participer au défi des semi-marathons d'Alsace, c'était simplement de s'entraîner... pour un marathon. En effet, après son premier 42,195km (Nice-Cannes en novembre 2015), elle a souhaité accroître son endurance, "car les douleurs sont apparues dès le 25e km à Nice. On m'a conseillé d'enchaîner les semi pour bien me préparer". Le Challenge 21,1 tombait à point nommé... De plus, "mon compagnon, qui est un coureur expérimenté, m'en avait parlé en 2015" et Marjorie avait rejoint le challenge en cours de route. En 2016, le défi devient prétexte, vaille que vaille, à améliorer son endurance.

Les conditions deviennent rocambolesques lorsqu'une rhino vient se greffer au printemps. "À cause de l'enchaînement des semi-marathons, j'ai mis longtemps à guérir. Je ne voulais annuler aucune épreuve, car j'étais alors 2e féminine du classement." Et l'acharnement paie : "mis à part les deux premiers, à La Wantzenau et à Strasbourg, où je voulais battre mon record perso et passer sous les deux heures, j'ai abordé les autres davantage avec l'état d'esprit de réaliser une sortie longue qu'une course en compétition." Malgré la difficulté des enchaînements en mai-juin et septembre-octobre, elle se rajoute le semi-marathon du Luxembourg (en mai). Cet état d'esprit et cette détermination à faire mieux lui permettent d'assurer sur son deuxième marathon (Amsterdam, octobre 2016) "où j'ai non seulement amélioré mon chrono de 15 minutes, mais surtout : je n'ai pas eu mal !"

Virginie quant à elle prend connaissance du Challenge 21,1 via Facebook. "Il a mal commencé pour moi car je m'étais froissé une cote et je n'ai pas pu participer à la première épreuve de La Wantzenau. Après, je n'ai rien lâché et j'ai fini les 8 autres". Pour l'athlète, très clairement, "l'idée d'enchaîner plusieurs semi-marathons me faisait moins peur qu'une nouvelle préparation marathon et au moins, j'étais certaine d'avoir une sortie longue très entourée au programme du dimanche." La partie la plus difficile a été d'assurer "lorsque les 3 semi-marathons (Colmar, Rosheim et Sélestat) se sont enchaînés chaque week-end". Pour passer ce cap "je faisais beaucoup moins en semaine", indique Virginie.

Ainsi, Virginie et Marjorie sont à la hauteur des recommandations de leur maître es-coaching de l'ASL La Robertsau, Fernand Kolbeck qui affirme qu'il "faut faire preuve d'un sacré caractère pour participer à des semi-marathons". Or ces filles-là, comme une majorité des membres du club, ont un caractère d'autant plus trempé qu'elles ont appris à courir en suivant l'enseignement de M. Kolbeck : "courir sur la durée en se faisant plaisir"*. Et si l'on y pense bien, il n'y a pas vraiment d'autre bonne raison de s'adonner au running.

Virginie et Marjorie sur le Challenge 21,1 en 2016

"En Alsace, j'aimerais beaucoup qu'il y ait davantage de courses par équipes. Pour le semi-marathon du vignoble d'Alsace, à Scharrachbergheim, nous avions formé une équipe de 7 coureurs, tous déguisés en chef cuisinier. Nous nous sommes arrêtés à tous les relais gastro-viniques et nous avons dansé pendant la course, oubliant le chrono. J'en garde un souvenir formidable !" évoque Marjorie.


*Des conseils à lire et relire sans retenue dans le guide consacré au Challenge 21,1.


Challenge 21,1 un jour - Challenge 21,1 toujours ?

Virginie et Marjorie sur le Challenge 21,1 en 2016

En 2016, "j'ai adoré participer à ce challenge" affirme Virginie, "j'aurais aimé le gagner." Elle en avait largement le potentiel, avec un chrono moyen de 01:49:57 sur 21,1km, calculé sur l'ensemble des 8 épreuves. En photo : sur le semi-marathon du Mont Sainte-Odile, à Ottrott, en 2016.

En 2017, elle est repartie sur le Challenge 21,1, avec déjà 10 épreuves (sur 11 possibles) au compteur. Malgré son expérience, elle affirme modestement "ne pas pouvoir trop donner de conseils car mon hygiène alimentaire n'est pas top." Ce qu'elle sait optimiser, c'est l'après-course : "je me donne à fond sur une course, mais je fais attention à la récupération : j'adore me faire masser, je dors beaucoup et je bois beaucoup d'eau, de tisane, de thé. Je n'aime pas l'alcool, donc, de ce point de vue-là, pas d'effort à consentir."


 Virginie et Marjorie sur le Challenge 21,1 en 2016 - Marjorie Galy

  • Âge : 42 ans
  • Résidence : Strasbourg
  • Profession : Professeur de sciences économiques et sociales
  • Son parcours sportif : "je n'ai jamais été une sportive assidue étant enfant, Je n'étais pas allergique au sport, mais pas une sportive accomplie non plus. Mon sport de prédilection a été le volley, que j'ai pratiqué au lycée (UNSS) et à l'université." 
  • Entraînement pour le Challenge 21,1 : "mon entraînement n'a pas donné lieu à des modifications : pour moi, il consistait à enchaîner les épreuves, donc j'ai gardé mes deux sorties dans la semaine, dont un fractionné sur 4km le mercredi - sauf quand j'ai été malade : je gardais alors mes forces pour le semi-marathon du dimanche."
  • Ses difficultés : "À Bâle, j'ai beaucoup souffert de la chaleur, c'était la première épreuve où j'étais malade. j'ai pris un coup de chaud dès le 5e km. Je n'ai jamais bu autant sur une course, mais c'était trop tard : la chaleur m'avait écrasée. À Epfig, à force de me faire dépasser, je me suis retrouvée dernière, ce que j'ai réalisé quand j'ai entendu derrière moi la voiture balai. Sur la fin, j'aurais voulu marcher un peu, mais je ne l'ai pas fait en imaginant l'impatience du chauffeur derrière moi ! J'ai couru lentement en me sentant pourtant asphyxiée : c'est très désagréable !"

Virginie et Marjorie sur le Challenge 21,1 en 2016 - Virginie Hebting

  • Âge : 48 ans
  • Résidence : Strasbourg
  • Profession : Travaille dans un groupe bancaire et d'assurance
  • Son passé sportif : Virginie a certes commencé à skier toute petite : "je partais une semaine par an faire du ski en famille en Autriche". Mais mis à part cette singularité, "je n'étais absolument pas sportive".
  • Ce qu'elle retient du Challenge 21,1 :"Sur l'ultime épreuve passant par le Mont Saint-Odile au départ d'Ottrott, j'ai beaucoup souffert : je déteste les montées et j'ai peur dans les descentes. Heureusement, il faisait beau et le paysage était magnifique. J'ai l'impression que les traileurs sont plus sympathiques car ils ont moins la pression du chrono."

L'auteur,
Elyse Moreigne

Editrice de Plaisir du sport en Alsace, passionnée de langages écrits, nageuse, coureuse et randonneuse, parfois triathlète, engagée pour valoriser la pratique sportive en Alsace en tant que source de bien-être, d'enthousiasme, de dépassement de soi !
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Cet article a été commenté 1 fois

De : Hamm Marie-Jeanne, le 24/10/2017 à 13h21min52s |
Très beau article pour les 2 blondes inséparables et qui méritent un grand bravo pour l'enchaînement de ces semi avec des chronos parfait Sportivement MJ
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