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Vincent - le sport, pour gagner en respect et en estime de soi

Vincent

Vincent, 36 ans, a visiblement tout du sportif accompli.

On le rencontre ici en train de courir, là dans une ligne d'eau, ou encore en randonnée, ou à vélo, toujours avenant et souriant.

Maître-nageur-sauveteur, il nage sans hésitation deux heures à chaque séance. Lorsqu'il court, idem, c'est sur de longues distances en forêt. Pour Vincent, l'effort doit s'inscrire dans la durée, c'est là que les effets lui sont plus "profitables" - de ses propres mots, prononcés avec un bel accent alsacien... 

Un profil d'ironman ? Peut-être, bien qu'il ne soit encore jamais allé aussi loin en challenge.

Pourtant, sous ce physique de trailer et triathlète confirmé se cache une personnalité ambivalente, certes très volontaire, mais également heurtée et sensible. Comme quoi, il ne faut jamais complètement se fier aux apparences.

Une détermination sans faille

De la volonté, il en faut pour aborder sans hésitation des distances de 40km et plus. Une distance que Vincent connaît bien, car il a déjà pris le départ de triathlons XL, comme celui de Gérardmer, de trails, comme celui du Petit Ballon de Rouffach, ou de courses réputées difficiles, comme la montée du Grand Ballon (dont la prochaine édition se déroulera le 2 juin, et qui compte pour le challenge national montagne). 

Hyperactif, comme il se définit lui-même, Vincent a un besoin quasi vital d'aller se défouler. L'énergie est là, et, en vérité, elle ne demande qu'à être canalisée.

Lorsqu'il court, c'est en écoutant ses envies : il arpente volontiers la forêt, dans la vallée de Munster, où il habite, ou près d'Ammerschwihr, là où vit sa grand-mère. En été, ses escapades le mènent régulièrement sur les crêtes, tôt le matin ou alors en soirée. "Là-haut, on est seul à courir, ce sont des moments uniques, vraiment privilégiés".

Le plus fascinant, c'est peut-être la méthode que Vincent applique : "Je cours toujours aux sensations, sans plan d'entraînement bien défini. Je me laisse facilement enivrer par la beauté des paysages, les bêtes sauvages que je croise en chemin. Une heure suffit rarement pour me détendre, je préfère m'évader pendant 2 heures, voire 2h30 à chaque fois. Mais je suis raisonnable : je ne cours jamais plus de trois jours d'affilée." Soit entre 6h et 7h30 de course cumulées sur trois jours - tout de même...

En termes de compétitions, le palmarès de Vincent est déjà étoffé. Voici quelques-uns de ses résultats récents :

- Triathlon de Gérardmer, 2010, première participation à un triathlon, catégorie Distance olympique (DO : 1 500m natation, 39km de vélo pour 1 000m de dénivelée, 10,6 km de course à pied) : il termine en 3h08, soit 75e sur 102 participants ;

- Trail des marcaires, édition 2011 (48,5km, 2 200m de D+) : 5h29, Vincent se place 43e sur 223 participants ;

- Crêtes vosgiennes, édition 2011 (33km, 1 000m  D+) : 3h11, soit 100e sur 859 participants ;

- Belforttrail 2012 (54km, 2 700m de D+) : après une erreur d'aiguillage en fin de parcours qui lui a coûté une bonne dizaine de places, Vincent termine 50e sur 243 participants, sur un parcours exigeant, montagneux et forestier, en 6h58 ;

- Rouffach 2013 (circuit des grands crus, 24km, 900m D+) : il termine en 1h58.

Ses courses sont souvent celles du Trophée des Vosges, auquel il participe régulièrement. Et plus la distance est longue, on le voit bien ci-dessus, meilleurs sont ses classements - dans ce cas, pourquoi se priver ?

Des origines pas si lointaines

Un profil aussi volontaire, ce pourrait être le fruit d'une éducation au sport qui a démarré dès l'enfance.

Il n'en est rien, bien au contraire. Et Vincent, à vrai dire, revient de loin : jusqu'à ses 23 ans, le sport ne faisait pas du tout partie de ses préoccupations. Il avait d'autres projets en tête, qui ne le conduisirent nulle part.

C'est alors qu'il prend un nouveau départ : il s'engage chez les pompiers, et, à la même époque, commence à pratiquer la course à pied. Puis il débute en natation, un an après. Et passe son brevet de MNS en 2009.

Un jour, pour se tester, il réalise une première journée intensive : 8 heures de sport non-stop. Course à pied pendant 2h30 au Neuland (24 tours), 5km de natation et encore du vélo pour clore la journée. "J'avais besoin de voir jusqu'où j'étais capable d'aller. Et je me suis rendu compte que ce travail en résistance sur la durée me faisait du bien."

Ses premiers challenges en course à pied ont démarré avec son entrée au CMC, Colmar Marathon Club, en 2000. Quelques années plus tard, il se rend compte que ses résultats stagnent, et s'oriente vers le triathlon afin de diversifier les sports, et de progresser encore.

Son premier triathlon, en 2010 à Gérardmer, lui fait prendre conscience qu'il pouvait dépasser certains "anciens", habitués de la discipline et membre du même club que lui (TACC, le triathlon club de Colmar). Il se sent alors capable de plus. Et tente la distance XL (1 900m de natation, 94,5km de vélo avec 1 900m de dénivelé, 21km de course à pied) qu'il termine en 2012 en 6h35 (721e sur 1 205 concurrents classés).

Le sport pour regagner confiance en soi

De ces succès personnels, Vincent a beaucoup gagné en confiance en lui. "En me mesurant à des compétiteurs de bon niveau, je me suis fait une place dans ce milieu, et j'ai gagné le respect des autres. C'est très important pour moi, ça m'aide à me sentir mieux, à avoir une meilleure estime de moi".

En la matière, plus le challenge est difficile, plus l'humilité entre en ligne de compte : "On n'est jamais à l'abri d'une défaillance technique, crampe, ou alors la chaîne du vélo qui déraille... Il faut savoir accuser le coup le cas échéant, et faire profil bas." 

Et la joie, lorsque la ligne d'arrivée est franchie, est alors au rendez-vous. D'autant plus lorsque le résultat surprend, comme cette place éloquente (50e sur 243) au Belfortrail de 2012. "C'était un moment très fort pour moi" avoue-t-il encore avec émotion.

Faire toujours mieux

Exigeant avec lui-même, Vincent, pour s'améliorer encore, est à l'écoute des bons conseils. Et lorsqu'il entend dire que, pour être considéré comme un bon coureur, il faut monter le Falimont en courant, sans s'arrêter, alors il le fait : deux montées consécutives, pour le défi, mais aussi et surtout pour se prouver que lui-aussi peut prétendre faire partie des "bons".

Se surprendre soi-même, c'est peut-être le leitmotiv au quotidien de cet homme qui s'épanouit au travers du sport.

Et parfois aussi c'est le sport qui le surprend : comme ce jour où, croyant à une bonne blague, il a décliné une proposition de sponsoring. Comme quoi, malgré ses résultats, Vincent préfère ne jamais se prendre complètement au sérieux - et surtout n'avoir à compter que sur lui-même.

À l'écoute de son instinct, Vincent n'a jamais abandonné une seule course. Quitte à revoir ses prétentions à la baisse, si les conditions sont vraiment trop mauvaises. Il a encore en travers de la gorge une période noire, liée à un gros coup de fatigue, qui a duré un an : ses résultats ont alors chuté. "Trop d'entraînement, j'étais épuisé. Depuis ce temps-là, je ne cumule plus les activités : une seule par jour, c'est suffisant. Et j'essaie de garder un jour par semaine où je ne fais rien."

Aujourd'hui, le vrai rêve de Vincent est de pouvoir continuer à faire ce qu'il aime sans être arrêté par les limites de son corps, sans "être usé".

Quant à ses projets à venir : "ce seront toujours les mêmes : trouver du plaisir à courir, à lier des amitiés avec d'autres sportifs, à gagner le respect des autres. Je ne suis pas là pour gagner : ma récompense, c'est la fierté d'avoir terminé - et bien terminé, c'est-à-dire dans la joie, avec le plaisir de l'effort, et de pouvoir faire la fête juste après."

Allez, gageons que nous le croiserons très vite, ici ou là, et surtout, toujours avec le sourire.


L'auteur,
Elyse Moreigne

Editrice de Plaisir du sport en Alsace, passionnée de langages écrits, nageuse, coureuse et randonneuse, parfois triathlète, engagée pour valoriser la pratique sportive en Alsace en tant que source de bien-être, d'enthousiasme, de dépassement de soi !
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