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Patrons sportifs : leaders d'entreprises plus performantes ?

Ils ont entre 43 et 50 ans, sont actifs du nord au sud de l'Alsace avec des responsabilités au sein d'entreprises emblématiques dans leur domaine. 

Ce qu'ils ont en commun ? Au moins dix ans d'expérience à un poste de direction - et surtout le goût du sport, notamment au travers de challenges de longue haleine : marathons, trails, ironman...

Pour faire écho à une étude menée par deux chercheurs allemands*, montrant la corrélation entre forme physique du dirigeant et valeur de l'entreprise, nous avons demandé à Christian, marathonien, Franck et Olivier, triathlètes, et Jacques, ultra-traileur, ce que le sport apporte réellement à leur vie d'entrepreneur et comment ils réussissent à être plus performants grâce à la pratique sportive.

Le patron marathonien : élément de base d'une étude sur le lien entre forme physique et valeur de l'entreprise. En photo : départ du marathon de l'Eurodistrict, à Strasbourg (crédit photo : FM).

Un remède efficace contre le stress

"Le sport est un moyen de me dépasser, de me dépenser et d'oublier les soucis professionnels", démarre Franck Mathieu, triathlète longue distance et directeur opérationnel nord-est pour le réseau de distribution de pneumatiques BestDrive (groupe Continental). "C'est le meilleur remède pour lutter contre le stress."

Pour Christian Rothacker, marathonien et directeur général d'OptissimO, le sport apporte avant tout du "bien-être". Comme lui, de nombreux collaborateurs pratiquent la course à pied chez OptissimO, une activité qui agit "sûrement comme facteur de performance, et de bien-être !", estime-t-il.

Le sport apporte "du calme, de l'oxygène" à Jacques Sérillon, ultra-traileur et directeur général des Sources de Soultzmatt, qui apprécie de "prendre un moment pour soi, être à l'écoute de son corps, rééquilibrer les énergies, être en pleine nature". Cela lui permet de réagir avec "sérénité et calme face aux problèmes stressants".

L'effet relaxant du sport se retrouve également chez Olivier Petitdemange, triathlète et associé-gérant du cabinet d'expertise-comptable Sogex, avec des conséquences que l'on pourrait penser paradoxales : "plus je consacre de temps à la pratique sportive et plus ma capacité de travail progresse". Il explique ainsi se retrouver après une séance de sport comme au sortir d'une bonne nuit de sommeil - déchargé du négatif, rechargé en énergie : rééquilibré en somme.

À tel point que "lorsque je suis amené à prendre une décision importante ou avant une réunion que je devine tendue ou lourde d'enjeux, je m'oblige, dans la mesure du possible, à pratiquer une activité physique avant, afin de faire le bon choix et d'être dans d'excellentes dispositions physiques et mentales pour appréhender une négociation." Car, précise-t-il, "le sport me permet de réfléchir sainement. Toutes mes grandes décisions stratégiques, commerciales ou managériales sont prises lors d'une séance de sport."

Franck confirme : "La pratique sportive permet indéniablement de mieux gérer le stress et ainsi d'avoir d'avoir une capacité à très vite se positionner dans la prise de décision stratégique."

Franck Mathieu, en finisher de l'ironman de Regensburg où il a établi son record personnel : "le sport sert à me dépasser, me dépenser, oublier les soucis professionnels."

Repousser les limites de l'impossible

De tels propos viennent étayer la célèbre citation du poète latin Juvénal : "Mens sana in corpore sano" (un esprit sain dans un corps sain).

D'autant que, si la santé du corps et de l'esprit sont indissociables, la théorie d'un esprit d'autant plus vif qu'il évolue dans un corps dynamique se trouve elle aussi confortée.

L'exemple de Franck, qui a réussi des challenges tels que l'Ironman de Regensburg en 2012 en 10h12 ou encore l'incroyable Isklar Norseman Xtreme 2013 en 15h49, tend à confirmer cette idée : "ma pratique du sport me permet d'être dynamique, ambitieux, et de véhiculer des messages positifs aux équipes", explique-t-il. "Il ne faut avoir peur de rien, mais simplement bien se préparer à affronter les difficultés".

Pour lui, si rien n'est impossible, "il n'y a pas de hasard : il faut travailler dur pour réussir." En la matière, Franck passe ainsi entre 6 et 12h à s'entraîner chaque semaine. Il aimerait avoir plus de temps, cependant "avec les contraintes de déplacements liées au travail, je dois adapter mon entraînement, en optant pour des créneaux très matinaux (5h/6h30) ou alors en soirée (19/20h)." À ces séances courtes s'ajoutent des sorties longues le week-end : "3 à 4h de vélo - ou VTT en hiver - le samedi matin, une grosse sortie course à pied de 2 à 3h le dimanche matin, en trail avec dénivelée, ou alors sur circuit plat sur route."

Olivier pense de même que la difficulté est une frontière imposée par l'esprit. "J'ai découvert très jeune, lors de mon service militaire", explique-t-il, "que les limites que les gens s'appliquent sont en général très éloignées de leurs capacités réelles. Les sports d'endurance que je pratique l'illustrent bien : en course à pied, au début, un 10km semble être un exploit." Au fur et à mesure, les distances s'allongent, "la plupart des coureurs sont attirés vers des courses de plus en plus longues (marathons, trails...). Aujourd'hui, je suis encore impressionné par les courses que je suis capable de finir". Il admet encore que, "petit à petit, l'amélioration des performances est devenue moteur, et j'essaie systématiquement de progresser à chaque course. Pas tant par rapport aux autres que dans la recherche de mes propres limites."

Dans sa pratique sportive, et même s'il a terminé l'Ultra trail du Haut-Koenigsbourg (84km, 3 284m D+) en 11h04 (22e sur 107 finishers) en 2014, Jacques n'a quant à lui pas "d'ambition en tant que compétiteur : je recherche de nouvelles expériences, de nouveaux défis personnels. Je cherche à mieux me connaître."

 

Jacques Sérillon sur le marathon du Mont-Blanc. Son moteur dans le sport : être à la recherche "de nouvelles expériences, de nouveaux défis personnels."

Développer un nouvel état d'esprit pour gagner en performance

Mieux se connaître : est-ce mieux connaître les limites de son corps pour mieux appréhender les limites esprit ? Jouer à ce jeu-là, n'est-ce pas plutôt admettre que les perspectives d'évolution personnelle s'étendent à l'infini ? Et, par conséquent, développer un bel optimisme ?

Olivier tend à confirmer que le sport permet une transformation physique et intellectuelle : "Le sport me calme en me permettant d'évacuer le stress, augmente très sensiblement ma capacité de travail, et surtout m'aide à modifier ma philosophie de vie : mieux dans ma peau, je suis devenu plus heureux et plus optimiste. Un atout en matière de management ou en termes de dynamisme commercial, qui permet de donner une autre image de mon métier d'expert-comptable."

Le positif, pour Franck, passe essentiellement par "la performance, l'esprit d'équipe et l'envie de gagner, qui font partie intégrante des valeurs de notre entreprise. Le sport permet de développer la culture de la gagne", estime-t-il, de même qu'il joue sur "la persévérance et la performance. Ce sont des qualités indispensables lorsqu'on exerce un poste à responsabilité." Cela se retrouve sur le plan personnel, car "lorsque je m'aligne avec un dossard, c'est avant tout pour être performant (dans la limite de mes moyens), mais également pour prendre du plaisir et ressentir le bonheur de franchir la ligne d'arrivée : être finisher !"

Plus simplement, pour Christian, ce que le sport apporte dans l'entreprise se joue au niveau du bien-être personnel, par le renforcement de notions telles que "l'esprit d'équipe, de dépassement de soi et de compétition".

Jacques estime quant à lui que "si le sport agit pour moi comme facteur de performance dans l'entreprise, les qualités que mon travail m'a appris à développer m'aident aussi dans ma pratique sportive : c'est un système à double-sens, dont les interfaces sont poreuses et échangent en permanence." Il souligne que "les qualités développées par ce système sont multiples : l'endurance, la résistance, l'engagement, le travail, le sérieux, le droit à l'erreur, à l'échec."

Olivier Petitdemange, ici sur le parcours des Crêtes Vosgiennes - "mieux dans ma peau grâce au sport, je suis devenu heureux et plus optimiste". Avec des répercussions incontestables au niveau de ses performances professionnelles.

Partager la culture du sport

De tels modèles de dirigeants, bien dans leur peau, s'érigent facilement en tant qu'exemples à suivre pour les collaborateurs.

À la Sogex, un grand nombre de personnes se sont mises à la course à pied. "Hasard ou mimétisme ?", se demande Olivier, mais ce qui est sûr, c'est que "nous avons consitué très rapidement une équipe de 15 personnes (sur 93 !) pour participer aux courses de Colmar en septembre prochain."

Jacques ne cherche pas forcément à être chef de file d'un mouvement sportif, mais l'entreprise incite les collaborateurs à la pratique physique (venir au travail en vélo, à pied...).

Franck a quant à lui une vision beaucoup plus engagée de la pratique sportive : "j'encourage mes collaborateurs à pratiquer, je leur donne même des conseils en ce qui concerne la nutrition sportive (je suis également fondateur d'Alsace Sports Team avec mon épouse). Avec certains d'entre-eux, nous pensons d'ailleurs nous aligner au départ du marathon du lac de Der en juin, puis sur le marathon de Colmar en septembre. Sport et partage !"

Après 24 ans de pratique, Christian estime n'avoir plus aucune ambition personnelle au travers du sport. Ce qui compte désormais à ses yeux, c'est d'intégrer la valeur de solidarité grâce au sport. À ce titre, OptissimO est sponsor d'organisations telles que les Foulées de l'espoir ou la Robertsauvienne OptissimO, les courses de Strasbourg ou la Strasbourgeoise.

Et sur un plan plus personnel, la pratique sportive "reste également un moment de convivialité et de partage avec mes amis", affirme Franck. Pour Olivier aussi, "les activités que je pratique m'ont permis de faire énormément de rencontres et d'y trouver des amis. D'une manière générale, je trouve que les personnes qui pratiquent une activité physique régulière ont la particularité d'être saines, la relation peut dès lors se créer très rapidement - au début autour de notre passion commune, puis petit à petit vers d'autres sujets."

De là à clamer que, tout comme "science sans conscience", sport sans partage "n'est que ruine de l'âme", il n'y a peut-être qu'une simple foulée. Car qu'ils soient source de bien-être, vecteur de dynamisme et d'optimisme ou encore de rapports sains, les bienfaits du sport au sein de l'entreprise sont légion et se partagent volontiers. 

Et ce n'est sûrement pas sans raison que les quatre entreprises citées axent leur communication sur des valeurs comme "agir et réussir ensemble" pour la Sogex, "l'esprit de famille" pour OptissimO, le territoire, avec "L'Alsace au coeur" des Sources de Soultzmatt, ou encore "Respect, savoir-faire, engagement" pour BestDrive.

Et c'est bien ce foisonnement de valeurs en tous genres qui compte : il est la preuve que le sport, comme l'entreprise, c'est avant tout une histoire humaine. Merci à Jacques, Christian, Franck et Olivier de nous avoir permis d'en faire la démonstration.

 

Une grande solidarité, un moment de partage et de joie : c'est ce qui se dégage de ce cliché du "Isklar Norseman Xtreme triathlon", un challenge relevé auquel Franck a pris part en 2013 (crédit photo : nxtri).


  Jacques Sérillon - Directeur général des Sources de Soultzmatt (Soultzmatt, 68)

  • Son sport de référence : la course à pied nature - et également en complément le VTT, le ski de fond et le badminton.
  • Son expérience : depuis qu'il a 18 ans.
  • Son entraînement : entre 2 et 5 fois par semaine, pour une moyenne de 40km sur trois sorties.
  • Quelques références : il a participé l'an dernier au Trail du Petit Ballon (51km, 2 000m D+) ou encore à l'Ultra-trail du Haut-Koenigsbourg (84km,    3 284m D+).
  • La valeur principale que Jacques intègre dans son entreprise grâce au sport est l'engagement.

  Christian Rothacker - Directeur général d'OptissimO (Brumath, 67)

  • Son sport de référence : la course à pied
  • Son expérience : 24 ans de pratique
  • Son entraînement : entre 48 et 60km sur 4 sorties en moyenne par semaine.

  Olivier Petitdemange - Associé-gérant du cabinet d'expertise-comptable Sogex (Colmar, 68)

  • Sports de référence et expérience : Olivier a démarré en natation en entrant dans la vie professionnelle, s'est mis à la course à pied sérieusement à 40 ans, et a commencé le vélo de route il y a deux ans. Une évolution qui "m'a permis de découvrir le triathlon après les marathons sur route et les trails."
  • Son entraînement : Olivier fait du sport "quatre jours sur cinq, essentiellement à la pause-déjeuner ou en soirée."
  • Quelques références : triathlon de Gérardmer, Crêtes vosgiennes, Marathon du Mont-Blanc.

  Franck Mathieu - Directeur opérationnel nord-est pour le réseau de distribution de pneumatiques BestDrive (groupe Continental)


* L'étude "CEO fitness and Firm value"

L'étude a été conduite par Peter Limbach, du Karslruhe Institute of Technology, et Florian Sonnenburg, du Center for Financial Research.

Publiée en septembre 2014 et menée sur 1 500 dirigeants entre 2001 et 2011, elle a cherché à établir un lien entre forme physique du dirigeant et valeur de l'entreprise.

Les composantes de l'étude :

  • Le critère de forme physique devrait être important pour les dirigeants, puisqu'ils font face à un haut niveau de demandes, de responsabilités, de stress professionnel. Leurs décisions peuvent avoir des répercussions importantes, elles font l'objet de la surveillance des médias et des actionnaires. De plus, ils sont soumis à des emplois du temps serrés et très variables et voyagent souvent. Or, jusqu'à présent, ce critère n'avait pas été étudié.
  • Le choix de la course à pied s'est imposé comme sujet de l'étude, car c'est une activité qui peut se pratiquer n'importe où et correspond bien au besoin de flexiblité des managers.
  • Le critère de forme physique a été déterminé sur la base du dirigeant ayant terminé un marathon durant la période de référence.

L'étude met l'accent sur l'efficacité de la pratique sportive dans la protection contre le stress, sur son effet positif sur les fonctions cognitives (mémoire, raisonnement, apprentissage, résolution de problèmes, prise de décision...) et sur la performance au travail.

Elle aboutit à la conclusion que la bonne forme physique des dirigeants a une incidence positive sur la valeur de l'entreprise, de 5% plus élevée en moyenne.

Surtout, l'étude tend à montrer la simplicité de mettre en place cet "outil" de performance chez le dirigeant.


L'auteur,
Elyse Moreigne

Editrice de Plaisir du sport en Alsace, passionnée de langages écrits, nageuse, coureuse et randonneuse, parfois triathlète, engagée pour valoriser la pratique sportive en Alsace en tant que source de bien-être, d'enthousiasme, de dépassement de soi !
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Cet article a été commenté 1 fois

De : Franck Mathieu, le 03/03/2015 à 07h23min26s |
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