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Portraits croisés
Canicross
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Le canicross, façon vétéran et exigeant pour Thierry et Imba, ou débutante et déterminée pour Lucie et Lili

Sur le canicross du Lac Blanc du 21-22 mai dernier, il y avait de l'effort pour tous les goûts - et des chiens pour tous les profils. 

Lucie, 23 ans et novice, et Thierry, 49 ans et plus expérimenté, ont participé à l'événement avec, respectivement, Lili, un Bouledogue Français, et Imba, un croisé Border collie-Beauceron.

Vus de loin, ces deux binômes n'ont absolument rien en commun. Observés de plus près, ils se ressemblent pourtant étonnamment beaucoup : par le goût du partage avec leur chien, l'esprit de compétition, ou encore l'envie de tout donner - chacun à son rythme. 

Qui plus est : ces deux athlètes déterminés et ambitieux trouvent une résonance sans pareil à leur motivation chez leurs compagnons à quatre pattes. Une complicité qui leur permet d'aller toujours plus loin dans le partage de nouvelles expériences.

Equipe féminine avec Lucie et Lili - équipe masculine avec Thierry et Imba.

Deux profils très avides de sport

Thierry, 49 ans, a toujours aimé le sport. "Ma pratique sportive a toujours été dense. Lorsque j'arrêtais une activité (suite à des changements dans ma vie ou à des blessures, comme par exemple après une fracture au foot), j'ai toujours changé pour autre chose." Ainsi, après avoir fait, dans l'ordre : du judo, du foot, du vélo, sur route et VTT, de la course à pied, sur route, puis en trail, le voici désormais à bondir d'étape en étape sur les canicross d'Alsace et d'ailleurs.

Sa passion pour la course à six pattes a démarré en mars 2014 : "j'ai des amis qui pratiquent le canicross. À mon âge, j'ai trouvé que c'était une bonne occasion de découvrir d'autres façons de faire du sport !" Poussé par sa fille, il prend un chien exprès pour courir. "J'ai fait ma première compétition pour les un an d'Imba, mon chien, un croisé Border collie-Beauceron. Un an est l'âge légal pour que le chien puisse courir en canicross", explique Thierry.

Le démarrage de Lucie dans le canicross s'est, quant à lui, plutôt fait dans l'autre sens. "Avant d'avoir Lili, mon chien, un Bouledogue Français d'un an et demi, je ne courais que très rarement. Par manque de motivation, car je n'avais pas d'amis avec qui pratiquer. Et puis j'ai commencé à me remettre au footing avec ma tante, en janvier 2016. J'ai tout de suite emmené Lili - évidemment ! Au début, elle courait à son aise, sans laisse (je ne l'attache que très rarement). Et puis j'ai découvert le canicross. Et elle a très vite compris le système. La première fois, je n'arrivais plus à l'arrêter tellement elle me tirait. Elle y prenait plaisir et ça se voyait !"

Cette nouvelle pratique sportive permet à Lucie de poursuivre son expérience au contact des animaux : "Je monte à cheval depuis 15 ans", explique-t-elle, "même si, en raison des études essentiellement, je pratique de façon moins intensive actuellement". Sur les canicross, "je pense que c'est cette relation avec le cheval que j'ai voulu retrouver avec ma chienne". Avec de bonnes bases physiques puisque "l'équitation, ça muscle tout le corps. J'ai aussi gagné en endurance pendant toutes ces années, et je pense que c'est pour cela que j'ai pu reprendre facilement la course à pied".

Le canicross : un plaisir partagé de courir, une vraie complicité avec l'animal, comme ici Lucie avec sa chienne Lili, un Bouledogue Français, sur le canicross du Lac Blanc-Blancrupt de mai 2016.

Le goût de la compétition sur deux jambes et à quatre pattes !

Quel que soit le modèle - homme ou femme / petit chien ou toutou de gabarit plus important - se mesurer aux autres et à soi-même est un élément de motivation pour nos deux binômes.

Lucie admet avoir "toujours été une compétitrice dans l'âme, dans tout ce que j'entreprends. Non pas tant que j'aime gagner, mais j'aime aller au bout des choses. La preuve en est que j'ai terminé dernière du canicross d'Ungersheim : j'étais très fière d'avoir pu finir, et fière de notre parcours à toutes les deux !" Idem en équitation, où "je suis animée par la compétition (dressage). L'année 2011 a d'ailleurs été en quelque sorte l'apogée de notre réussite avec un cheval que j'ai eu en pension pendant 5 ans. J'ai été championne départementale et régionale, et j'ai terminé 4e aux championnats de France de Lamotte-Beuvron : une belle victoire après des mois de travail intenses !"

En canicross, afin de poursuivre l'effort, "j'ai décidé de booster nos entraînements à la maison, pour voir ce que ça donne face à d'autres concurrents. Après Ungersheim, la deuxième course, au Lac Blanc, m'a prouvé qu'on pouvait dépasser nos limites ensemble. Surtout que, par chez nous, à Ebersheim, c'est tout plat, et sur la course, il y a quand même un peu de dénivelée. Mais ça nous a motivées plus que découragées".

Thierry, quant à lui, court avant tout pour le plaisir. La compétition s'est imposée naturellement car "j'ai toujours eu de la vitesse et j'ai souvent fini en tête de classement en canicross", explique-t-il. Cependant, "le score n'est jamais déterminant." Preuve de sa capacité à ne pas se prendre trop au sérieux en est peut-être le nom de son toutou : "Imba, à lire comme la contraction de il me bat", précise-t-il avec une lueur de fierté dans le regard, comme un maître honore un élève brillant.

Et justement : le canicross est idéal pour mettre en exergue le caractère unique de cette relation maître-chien. C'est un sport "où l'on doit certes rester le maître : pour soi-même dans la gestion de l'effort, et pour le chien dans la gestion de sa course", indique Thierry. Mais c'est aussi une discipline qui, grâce à la survitesse provoquée par la traction du chien, "m'apporte surtout de la vitesse pure". Une relation gagnant-gagnant, faite de respect et d'enthousiasme partagé. Car comme le souligne Thierry : "il y a une complicité avec l'animal, qui est un véritable plus pour l'entraînement, surtout en hiver : il est toujours motivé, toujours content, partout !"

Pour Lucie aussi, la relation avec l'animal est fondamentale : "le canicross m'apporte tout simplement le bonheur de ma chienne qui donne tellement, juste pour me faire plaisir ! Pendant les compétitions, je la sens très impliquée, une vraie guerrière. Elle ne veut même pas s'arrêter pour boire de peur de se faire dépasser !" 

Thierry et Imba ("il me bat") un croisé Border collie-Beauceron de trois ans. Quel que soit le binôme, le canicross, c'est toujours un heureux mélange : un maître + un chien = une double dose de motivation ! © Crédit photo : Chantal Dietrich.

Une relation toujours bienveillante entre l'humain et l'animal

Être très à l'écoute de son compagnon à quatre pattes est la clé de la réussite en canicross. Autant que de s'écouter soi-même.

En matière de bonnes pratiques en canicross, Thierry estime qu'il faut "savoir à la fois être à l'écoute de son chien qui donne toujours le meilleur, courir sans son chien, et se faire plaisir avec les autres". C'est donc parfois seul qu'il continue "à pratiquer du vélo de route, du VTT, et bien sûr de la course à pied, du trail". Afin de développer la gestion de la course sur la distance, Thierry participe à des ultra-trails (80km du Mont Blanc, SaintéLyon). Avec son frère Rémy, il participe chaque année à une course d'envergure (le Grand Trail des Templiers 76km et 3 550m D+ - le 23 octobre cette année). Et avec Imba, il s'entraîne aussi : "Nos séances sont très variées. C'est à moi de gérer la forme et les efforts du chien." Pour cela, "je joue avec lui, je réalise des séances de fractionné, en traction, des entraînements libres, par tous les temps. Je fais aussi du VTT avec lui pour l'endurance."

Associer plusieurs sports, que ce soit pour lui ou pour Imba, "ça aide ailleurs. Par exemple en trail, mon expérience en judo m'aide à descendre car je n'ai pas peur de tomber". De plus, la variété des entraînements permet d'acquérir de la flexibilité - un atout car, lorsqu'on court vite, mieux vaut être concentré : "chaque course est différente et demande d'anticiper le terrain, les trous, les cailloux, de doubler... J'apprécie cet effort, de même que les terrains variés : c'est motivant que ça change tout le temps".

Pour Lucie, la pratique du canicross nécessite "évidemment de l'endurance. Quand on a un grand chien, on gagne sûrement quelques km/h quand il tire. Avec la mienne, ce n'est pas vraiment le cas : même si le harnais est toujours tendu, elle n'a pas la force d'un grand chien, c'est pourquoi je dirais que l'effort est intense pour toutes les deux."

En entraînement, place chez Lucie et Lili à la diversité aussi : "j'alterne entre course en liberté et canicross pour ne pas la lasser. Madame a aussi quelques exigences. Par exemple, elle déteste courir sous la pluie et me le fait bien comprendre. Et en ce qui concerne la race, il faut faire très attention car ils sont sensibles à la chaleur et peuvent avoir des problèmes de respiration. C'est pour cela que je ne cours que quand il ne fait pas trop chaud. Et avant une course, elle fait toujours un tour dans une piscine. Sa santé passe avant tout !" Et la maîtresse veille au grain : "sur le canicross d'Ungersheim, je portais trois bouteilles d'eau dans un sac à dos."

Lucie et Lili, un Bouledogue Français qui, "contrairement à ce que l'on pense souvent de cette race, n'est pas une chienne de canapé : Lili a besoin de se défouler tous les jours, et on le voit à son modèle : elle est svelte et typée sport ! Quand les gens me voient prête à m'élancer, ils sont étonnés de constater que je cours avec un bouledogue. Et à la fin de la course, ils sont d'autant plus étonnés du résultat : au Lac Blanc, plusieurs personnes m'ont félicitée - ça fait toujours plaisir !" Lucie n'en démords pas : son objectif est de "désacraliser la race", et de montrer qu'elle a toute sa place dans le running.

Une complicité qui donne des ailes

Grâce à Imba, Thierry n'hésite pas à viser haut : son gros objectif 2016, le Trophée des Montagnes, en 9 jours, à Oz dans l'Oisans (38), a ainsi été bouclé en 5h12, sur un total de 10 courses totalisant 60km, 3 150m D+. "Ce sont des courses très rapides, très violentes, dont une en nocturne. Les dernières courses s'enchaînent. C'est très puisant, car il faut être à fond tout le temps." Malgré la difficulté, "je termine à la 24e place, et 7e V1. Soit 15 places de mieux qu'en 2015. Nous étions 250 au départ et 200 finishers, avec de beaux parcours, une belle météo et une organisation au top".

Il finit également troisième au classement final du Trophée des Vosges canicross, après avoir participé à toutes les courses du calendrier, et recule de deux places, à quelques secondes près, après "un beau duel cette année", précise-t-il, fairplay.

Son secret pour réussir ses courses avec Imba consiste à analyser le terrain avant la course. "Comme il s'agit de courses courtes, donc rapides, je vais sur le terrain avant, avec le chien si c'est autorisé, et si je manque de temps je fais au moins un repérage de l'arrivée. Imba enregistre hyper facilement ce que je lui demande. Il est toujours devant dans les courses sauf quand c'est technique en descente : il reste alors derrière." Pour le maître, c'est aussi plus rassurant : "j'ai la cheville fragile et, en descente, je préfère assurer et voir le terrain". Pour préserver Imba, Thierry précise aussi que, "sur les courses, le chien tire peu en montée".

De son parcours avec Imba, Thierry retient que "le chien ne m'a jamais déçu. Ce qui est génial, c'est cette complicité entre nous. On se complète Imba et moi !" Sur une course en Haute-Saône, je trouvais le chien fatigué, "mais il a quand même tout donné. Il est surprenant par son petit gabarit, d'y aller aussi simplement..." Dans ces moments-là, Thierry ne peut pas retenir sa fierté et son amour du chien, et il le félicite en le gratifiant d'un : "Tu cours très bien".

Pour Lucie aussi, "le meilleur moment, c'est quand on se retrouve seules sur le parcours et qu'on se motive mutuellement. Je lui parle beaucoup, je l'encourage - ça lui donne envie de tirer toujours plus !" En canicross, la jeune femme ne poursuit aucun objectif précis : "je veux juste me faire plaisir et continuer à courir pour ma santé à moi et aussi celle de la chienne, qui s'est bien musclée depuis !" Pour elle, la notion de binôme est essentielle, car "à deux, on est plus fort".

Le plus important dans l'histoire étant de "respecter l'animal", souligne Lucie, "respecter sa santé, en faisant une pause si nécessaire (même si Lili ne veut pas) et notamment sur les longs parcours. Il faut être à son écoute. Si on n'en est pas capable, autant renoncer de suite." Ce qui serait, vu l'apport indéniable de ces moments partagés, bien dommage.

 

La gestion de l'effort est une notion essentielle dans la pratique régulière et intense qu'a Thierry en course à pied et canicross. "Je pratique la course à pied sérieusement depuis 2011. J'essaie d'anticiper pour éviter les blessures, la récupération est importante, car avec l'âge, j'ai besoin de dormir davantage. Je fais un travail régulier de la vitesse en fonction des objectifs. Je suis une préparation qui est au top avec Olivier Comau. Il est très à l'écoute, et le travail qu'il me fait faire me permet d'atteindre facilement mes objectifs. Je suis les entraînements à la lettre, et je n'ai jamais plus de blessure." Ici sur l'une des courses du Trophée des Vosges canicross 2016 (canicross du Lac Blanc), avec Imba. © Crédit photo : Chantal Dietrich.


 

Thierry Geiger, 49 ans, Dieffenbach-au-Val (67) et Imba, 3 ans

  • Son entraînement : "en période intensive, je cours tous les deux jours".
  • Leurs scores précédents : "Au premier Trophée Jurachien - un truc exceptionnel sur une course de 4 jours à Fort Les Rousses, près de Lons le Saunier (39) - on a fini 3e au classement général." Et là : "Je viens de rentrer du championnat d'Europe en Tchéquie : le niveau était très relevé, les parcours exigeants. dans ma catégorie (V1), je termine premier Français, 20e sur 39 participants."

 

Lucie F. Bizot, 23 ans, Ebersheim (67) et Lili, 1 an 1/2

  • Leur entraînement : "deux fois par semaine environ, 5 à 7km en moyenne, en variant les terrains (forêts, champs). Parfois en faisant du fractionné mais uniquement quand Lili est en liberté (j'alterne entre canicross avec harnais et course en liberté pour elle)". Cet été, "nous n'avons pas tellement couru parce que les Bouledogues ne supportent pas la chaleur et courir au-dessus de 20-25° devient dangereux pour eux."
  • Leur parcours en compétitions de canicross : canicross d'Ungersheim, canicross du Lac Blanc-Blancrupt.
  • Les envies de Lucie : "En compétition, je vois certains participants qui font des étirements à leur chien : j'aimerais bien apprendre à en faire, surtout pour la soulager".

L'auteur,
Elyse Moreigne

Editrice de Plaisir du sport en Alsace, passionnée de langages écrits, nageuse, coureuse et randonneuse, parfois triathlète, engagée pour valoriser la pratique sportive en Alsace en tant que source de bien-être, d'enthousiasme, de dépassement de soi !
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