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Benoît : vainqueur du Challenge 21,1 en 2016 grâce à 120km hebdo de sport-o-taf !

Sagesse et persévérance ont fait de Benoît, Colmarien de 50 ans, un semi-marathonien posé et brillant.

Vainqueur en 2016 du Challenge 21,1 "Et si je participais à tous les semi-marathons d'Alsace cette année ?", il doit à une moyenne de 01:28:16 les 21,1km, et à une régularité dans ses résultats, d'avoir conservé sa place de meneur tout au long des 9 dates du challenge.

Sa recette secrète tient en quelques ingrédients très simples mais audacieux : un entraînement de 80km de course à pied par semaine, qu'il intègre majoritairement pour se rendre au travail, auxquels s'ajoutent plusieurs allers-retours de vélo-taf.

Si cette dynamique de déplacement quotidienne et rigoureuse porte aujourd'hui ses fruits, le démarrage a été quant à lui beaucoup plus hasardeux. Et de ses débuts difficiles, dont l'âpreté est encore solidement ancrée chez lui, Benoît conserve une modestie face à ses performances qui n'a d'égale qu'un vrai talent de runner.

 Benoît Maire sur le semi-marathon de Molsheim en 2016

Benoît, qui a une préférence pour les courses vallonnées du challenge, ici sur le semi-marathon de Molsheim, le 19 juin 2016. © Crédit photo : jerome genee - accessimage.net

Reprendre le sport en étant solidement épaulé

Benoît, informaticien de 50 ans, vainqueur du Challenge 21,1 - édition 2016 - n'a pas toujours été à l'aise avec la course à pied. "La première fois que j'ai couru", évoque-t-il, "c'était à Lingolsheim, sur un parcours de santé dont le tour faisait 2km". Il se contente d'un seul tour alors, mais "avec d'énormes problèmes de souffle : c'était horrible - je n'en pouvais plus ! J'avais l'impression de ne pas avancer et que je n'arriverais jamais au bout !"

Tout ça, c'était il y a 20 ans en arrière. Le sportif, tout juste âgé de 30 ans, ressentait le besoin de faire quelque chose pour se remettre en forme. Mais cela faisait longtemps qu'il n'avait pratiqué aucune activité. Or "commencer la course à pied après 10 ans sans sport, ça a été réellement difficile", se remémore-t-il. Ses antécédents en la matière dataient de la période scolaire, puisque, "comme la plupart des personnes, j'ai fait un peu de sport étant jeune, jusqu'au lycée, scolaire et extrascolaire. Par après, j'ai touché à un peu de cyclisme. Ensuite, je n'ai plus fait par manque de temps à la fac. Et ça a été également difficile de me libérer du temps lorsque j'ai commencé à travailler."

C'est donc en vrai débutant que Benoît démarre alors la course à pied. Fort heureusement, il est accompagné dans sa démarche et suit les conseils de son collègue, "Pierre Lataste, un féru de la discipline." Sans Pierre, Benoît est presque certain qu'il aurait abandonné aussitôt. Car, après sa première séance dans la douleur, "ça ne s'est pas amélioré". Or, "Pierre m'a indiqué que c'était normal de souffrir et qu'il me faudrait sûrement plusieurs semaines pour ressentir les premiers bénéfices."

De tels encouragements, pour Benoît, ont représenté "une étape fondamentale". Il était à deux doigts de tout plaquer, comme "beaucoup de personnes qui arrêtent trop rapidement, car ça semble ennuyeux la course à pied". Au contraire, Pierre trouve les mots justes, sa présence et ses conseils permettent au novice de comprendre qu'il faut juste s'accrocher : "car après deux mois, on voit qu'on progresse et on veut aller plus loin." Pour Benoît, les progrès sont perceptibles "à partir de la 4e semaine : j'ai vu mes séances se dérouler de mieux en mieux, et j'ai pu, tout doucement augmenter la distance". À compter de là, c'était gagné : "j'ai commencé à réellement apprécier la course à pied."

 

Une étape fondamentale en course à pied, lorqu'on débute ou que l'on recommence après un long temps d'arrêt : la persévérance, quels que soient la douleur et l'impact des premières séances. Après quelques semaines d'entraînement, "on se sent bien en courant et on a envie d'en faire plus". En photo : Benoît, T-shirt orange, sur le semi-marathon de Molsheim, désormais complètement dans son élément sur les courses.

Un modèle d'entraînement hors normes et inspirant

S'ensuivent dix années pendant lesquelles Benoît court régulièrement, s'inscrit dans un club, l'IBAL de Lingolsheim. À 40 ans, il devient papa et marque un temps d'arrêt pendant trois ans. Avant de recommencer à courir, il y a quatre ans. Habitant Colmar et travaillant à Kehl (Allemagne), il prend le train et a encore 10km à parcourir entre la gare et son travail. Pour joindre l'utile à l'agréable, "un été : j'ai décidé de réaliser l'aller-retour à vélo". Il s'y adonne alors quelles que soient les conditions climatiques, imprégné des enseignements de son ami Pierre : "en course à pied, on ne se cherche des excuses pour ne pas courir. On court, un point c'est tout". Appliquant cette règle d'or au vélo, Benoît, sauf conditions exceptionnelles "lors des orages et par chemins verglacés", pédale ses 20km par jour.

Au bout de trois ans de cet effort-là, l'idée lui vient de varier les plaisirs, et de "reprendre la course à pied sur le même trajet". Soit un entraînement biquotidien, dont l'approche n'est pas sans appréhension : Benoît estimait au début, que "faire 10km pour aller au travail, c'était réalisable, mais les 10 supplémentaires pour le retour m'apparaissaient énormes !" Sommes toutes, "cela revenait à réaliser un semi-marathon, ou presque !" En réalité, une fois le processus enclenché, "ça n'a pas été si difficile", tempère le sportif, "car l'enjeu du semi-marathon est de faire les 21 kilomètres en une fois ; là, le repos pendant la journée et la récupération le soir étaient suffisants pour repartir."

Aussi hésitant a priori que franchement increvable une fois lancé, Benoît fait le trajet en courant un jour par semaine, "puis en augmentant jusqu'à trois fois par semaine (récupérant, les deux autres jours, en faisant le trajet à vélo), sorties auxquelles s'ajoute un 20km le dimanche" - soit 80km de running chaque semaine. Pour que cela fonctionne, Benoît s'organise : "j'ai la chance de travailler dans une entreprise dans laquelle nous avons une douche à disposition. J'apporte mes affaires de rechange essentiellement quand je suis à vélo. Le retour en train", quant à lui, "n'est pas génial - il n'y a pas de douche à la gare. La difficulté principale est que je transporte tous les jours, dans mon sac à dos, mon ordinateur portable, un K-way ainsi que quelques affaires. Mais je m'y suis fait, et j'ai l'impression que mon corps s'est adapté. J'espère que c'est le cas."

Par hasard ou par effet de mimétisme, "au niveau de l'entreprise, plusieurs personnes se sont mises à la course à pied, essentiellement à midi. Je pense que les collègues ont compris que, pour moi, il était difficile de fonctionner autrement, du fait de 2h30 de transport chaque jour. La plupart de mes amis trouvent intéressant de faire du sport pour se rendre au travail. Beaucoup ne peuvent pas faire de même."

 

"J'arrive à tenir parce que j'augmente progressivement la difficulté. On ne peut pas faire 80km par semaine immédiatement - même si, physiquement, on y arrive, c'est la blessure assurée. Une progression lente mais régulière est fondamentale. On apprend à écouter son corps. Trop fatigué, on diminue l'entraînement. Pas assez, on l'augmente (ou l'intensité en accélérant le rythme)." Ici, Benoît, dossard 232, sur l'épreuve trail du Challenge 21,1, sur le semi-marathon du Mont Sainte-Odile, le 16 octobre 2016, où il termine premier V2. © Crédit photo : Club photo Bischoffsheim.

Se remettre en forme et transmettre la passion

Traverser toutes ces étapes, accepter de courir dans de telles conditions, Benoît l'a intégré car il se souvient qu'à 30 ans, "je ne me sentais pas forcément en pleine forme : j'avais une impression de fatigue et de stress". De plus, "mon médecin m'avait indiqué que j'avais un peu de cholestérol, et qu'un peu de sport pourrait permettre d'en réduire le taux." Aujourd'hui, "je n'ai plus du tout de cholestérol. Après avoir progressé en course à pied, j'ai remarqué une différence importante. C'est toujours le cas actuellement et j'ai toujours l'impression de continuer à me sentir de mieux en mieux."

Et c'est bien ça pour lui l'argument principal : "la course à pied me permet de me sentir plus en forme. Cela permet également d'éliminer une bonne partie de stress et de se sentir plus serein. J'ai trouvé dans la course à pied une forme physique que je n'aurais jamais eue sans sport. Je suis convaincu aujourd'hui que le sport est fondamental pour le corps et l'esprit, et que c'est un handicap que de ne pas en faire." Se rappelant son expérience, Benoît a envie d'encourager chacun à pratiquer : "Je ne peux que conseiller aux collégiens, étudiants et lycéens de ne pas considérer le sport comme un cours de plus, mais comme quelque chose de nécessaire dans la vie. C'est d'ailleurs particulièrement vrai pour les sports d'endurance, qu'on a souvent beaucoup plus de mal à apprécier d'emblée."

Et pour se sentir bien en course à pied, "mon unique conseil, c'est de courir régulièrement. Au début, je réalisais une séance par semaine - malgré les conseils répétés de Pierre, qui insistait pour que je passe à trois séances. Il avait bien entendu raison. Avec une séance par semaine, le corps se repose de trop et on recommence pratiquement à zéro la semaine suivante... Aujourd'hui, avec mon niveau actuel, je considère qu'après une semaine d'arrêt, il me faut un mois pour retrouver le niveau. C'est pourquoi il vaut mieux faire deux ou trois séances par semaine." Pour le reste, Benoît estime modestement ne pas être "de très bon conseil : je ne fais que rarement des fractionnés et je ne cours que sur du plat. Seule chose faite correctement : la quantité."

Un tel parcours est hautement inspirant. Et même si notre athlète entend autour de lui "certains dire que c'est un peu fou, et que j'en fais trop, je n'en suis pas aussi sûr qu'eux. Certaines études laissent à penser que, jusqu'à 70km par semaine, il n'y a aucun problème d'usure du corps à déplorer. Au-delà, on ne sait pas. L'essentiel à mon avis est de s'écouter, et d'en faire moins quand c'est nécessaire. Par ailleurs, des personnes telles que Yiánnis Koúros nous montrent, avec ses records incroyables, que beaucoup est possible. Alors si lui n'est pas archi-usé, moi, avec mes 3-4 000km par an, et des maximums à 25km/jour, je pense que j'ai de la marge..." Comme Benoît, laissons parler ceux qui ont trop peur d'oser - tentons notre chance et, étape par étape, explorons nos propres limites.

"Pour moi, les défis ne sont pas une fin en soi. C'est peut-être le cas si on est champion du monde, mais, à mon niveau, il y a toujours beaucoup de personnes plus rapides. Réaliser un défi, c'est se donner le moyen d'en tenter un autre plus difficile. J'ai fait deux marathons, celui de Paris il y a bien longtemps, et celui de Colmar en 2015. Alors pourquoi pas un 50km l'an prochain ?" En photo : Benoît sur l'arrivée du semi-marathon à Epfig le 12 juin 2016. © Crédit photo : Christian Kehlhoffner.


Cumuler les semi-marathons du Challenge 21,1

"Le Challenge 21,1, je l'ai vu sur le web, alors que je cherchais des courses auxquelles participer. Faire quelques semi-marathons me semblait une bonne idée. En finir 9 semblait une mission difficile mais réalisable. Mon but, c'était d'arriver et de faire de mon mieux."

Les moments les plus difficiles n'ont pas été ceux que Benoît attendait : "Le cumul des épreuves n'a pas été si difficile que ça, en fin de compte, c'est moins difficile qu'un marathon. Par contre, il faut être présent et ne pas se blesser." La période la plus délicate a été de réaliser "trois semi-marathons de suite en septembre/octobre, puis Ottrott". Avant cela, "l'épreuve la plus difficile a été celle de Bâle. C'était la première épreuve qui en suivait directement une autre, à une semaine d'intervalle seulement, et j'ai fait l'énorme erreur de m'entraîner normalement entre les deux épreuves. Par ailleurs, il a fait très chaud en 2016. Au bout du 3e km, c'est devenu très difficile et j'ai dû m'accrocher. Le challenge 21,1 m'a permis de tenir : il s'agissait de ne pas abandonner !"

A contrario, "j'ai eu l'immense plaisir de cumuler deux super résultats de même jour : celui de terminer premier de ce challenge, et celui de terminer premier V2 à Ottrott. Je ne pouvais pas espérer mieux !"

En permettant aux participants d'observer leurs scores sur la durée, le challenge 21,1 a permis à Benoît "d'avoir une approche plus critique sur mes résultats. Je me rends compte de ma faiblesse sur le plat, par rapport aux autres concurrents. Le manque de fractionné, ma lenteur en foulée en sont très certainement responsables." Néanmoins, même si "les champions de la course à pied sont beaucoup plus rapides que moi, je suis content de la progression à laquelle j'ai pu accéder grâce à un peu de persévérance. Aujourd'hui, les semi-marathons sont de la rigolade !"

Tout cela n'aurait peut-être pas eu lieu sans les encouragements du début, et Benoît tient "à dédier sa première place sur le Challenge 21,1 à mon ami Pierre, qui m'a donné énormément de conseils à tous les niveaux : aller dans un club, faire des fractionnés (et lesquels), que faire en cas de petites blessures, quelle alimentation adopter, etc. Il m'a montré la voie". Des remerciements qui vont aussi "à l'IBAL, qui a été mon club pendant près de 10 ans."

 

"Je suis aussi ravi, grâce au Challenge 21,1, d'avoir pu rencontrer Fabrice, Miguel, Christophe et Thierry, qui ont tous les quatre fait le challenge dans le même esprit de groupe et de plaisir partagé plutôt que de compétition". Ici après l'arrivée du semi-marathon de Colmar, le 18 septembre 2016, Benoît, entouré par l'équipe ASL La Robertsau (de gauche à droite : Thierry, Christophe, Benoît, Amel, Miguel, Fabrice et Laura).


Benoît Maire

  • Âge : 50 ans
  • Ville de résidence : Colmar
  • Profession : informaticien
  • Famille : "marié à Pascaline (que je remercie pour les 9 week-ends sacrifiés et pour les encouragements), beau-père de Gauthier (17 ans) et Fanny (15 ans), père d'Aurore (5 ans). Gauthier a couru pendant 6 mois en 2016, Fanny quelquefois début février, ma femme 2 fois la semaine dernière et Aurore, quant à elle, a déjà participé à une première compétition ! Les voir commencer à pratiquer ce sport me fait vraiment plaisir, et j'espère les amener à l'aimer et à passer le relais."
  • Sa première fois en compétition : "c'était à Lingolsheim, 6 mois après mon premier entraînement. J'ai participé à un 10km que j'ai terminé en 58 minutes." Depuis ce jour et au vu de ses débuts difficiles, Benoît sait "d'autant plus que même la dernière personne qui franchit la ligne d'arrivée d'un 5km mérite tous les applaudissements du public."Allant même plus loin, il considère que "Même si quelqu'un est bon dernier, il pourra", à force d'entraînement, "arriver à des résultats plus qu'honorables dans quelques années."
  • Ses conseils d'entraînement pour le Challenge 21,1 : "Je pense qu'il faut faire pas mal de kilomètres par semaine pour réaliser correctement et sans blessure le Challenge 21,1. Je conseillerais de courir au moins 60km hebdo. Ainsi, lorsque deux épreuves se suivent, en ne réalisant pas d'entraînement entre les deux, ou alors un petit, il n'y a pas de difficulté". Quant aux participants qui s'engagent pour quelques épreuves uniquement, "alors là, il n'y a pas de problème particulier".
  • Son objectif 2017 : "réaliser plus de fractionnés, un marathon, et si possible un 50km".

L'auteur,
Elyse Moreigne

Editrice de Plaisir du sport en Alsace, passionnée de langages écrits, nageuse, coureuse et randonneuse, parfois triathlète, engagée pour valoriser la pratique sportive en Alsace en tant que source de bien-être, d'enthousiasme, de dépassement de soi !
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