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Raid aventure
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S'adonner au raid multisports en Alsace

Le raid multisports est une discipline qui a tout pour avoir le vent en poupe. Au travers d'activités variées, de moments de découverte en pleine nature, les concurrents de ces manifestations-là cherchent sans cesse à se laisser surprendre.

Boostés par une ration généreuse d'adrénaline et d'endorphine, les guerriers du raid ont la tête bien plantée sur des épaules on ne peut plus solides. Des prérequis indispensables pour évoluer pendant plusieurs jours sur des terrains majoritairement escarpés, en changeant de mode de locomotion à intervalles réguliers.

S'ils recherchent sans conteste une part de défi audacieux, ces sportifs-là sont aussi curieux de s'immerger dans l'authenticité du terroir qu'ils traversent.

En Alsace - une région qui a tout à fait le potentiel pour proposer de belles escapades aventureuses - la discipline se pratique de manière confidentielle. Mais en pleine évolution, voire en complète restructuration, le raid multisports a de grandes chances de faire parler de lui à plus grande échelle très prochainement. 

Un univers sportif varié, ludique et exigeant

Pour pratiquer le raid multisports, une des conditions indispensables est d'apprécier la découverte : celle de disciplines très variées, tout comme celle de terrains exigeants et pleins de surprises.

Un fondement logique, puisque "le raid multisports se définit comme un enchaînement d'épreuves nature", explique Yann Reich, président d'Oxygène Raid aventure qui organise le Raid des cigognes en Alsace à Thannenkirch (68).

"Les raids ne sont pas formatés", se poursuit la définition sur le site de la fédération des raids multisports de nature (FRMN). "Contrairement à la plupart des disciplines sportives, chaque organisateur peut proposer les épreuves qu'il souhaite. On retrouve généralement a minima du VTT, de la course à pied/trail, et du canoë. Toutes les autres épreuves de sport nature peuvent être ajoutées : hydrospeed, rafting, canyoning, rappel, ateliers de corde, escalade, alpinisme, roller, ski de montagne, ski de fond, raquette, spéléologie, vélo de route", ou encore "via-ferrata, tir à la sarbacane" indique Yann.

Dans chaque raid, les épreuves se déroulent en autonomie, par équipes de 2 à 4 personnes, et avec des temps de progression qui "varient considérablement d'une épreuve à l'autre". La volonté est forte de ne pas "formater les raids. Le choix de l'orientation, notamment, qui concerne la majorité des raids, n'est pas une règle, et doit être laissée à l'appréciation des organisateurs", précise Hervé Simon, président de la FRMN, dans une web conférence qui s'est tenue en juin dernier.

En fait, le raid "s'adapte aux circonstances" précise la FRMN. C'est une "activité hybride répondant à plusieurs formats" qui n'est codifiée, pour le moment, par aucune instance fédérale.

Roller, course à pied, VTT, saut d'obstacles, ou ici tir ont par exemple été proposés sur le Raid des cigognes à Thannenkirch en juin dernier.

Un seul objectif : arriver au bout

Le raid se vit comme une aventure, avec comme principale difficulté celle de réussir à aller jusqu'au bout de circuits qui s'effectuent généralement par étapes, sur plusieurs jours. La pratique nécessite une aptitude à l'endurance et à l'extrême dans un contexte sécurisé par les organisateurs, car il n'est pas question de prendre des risques.

Pour les organisateurs, "proposer un raid est principalement motivé par l'envie de faire découvrir sous toutes ses coutures la région dans laquelle les concurrents évoluent", explique la FRMN. Forme particulière de tourisme sportif, le raid permet aux participants de s'imprégner de la culture locale, au travers d'épreuves parfois exotiques qui demandent aux organisateurs de faire preuve de beaucoup d'imagination : comme de faire passer les concurrents sous un filet de pêche tendu au sol, les épreuves nocturnes, un bivouac, etc.

Sur ces épreuves, "l'essentiel", admet la FRMN, "réside dans la rupture avec le quotidien". Ainsi, chaque raider "fait face à la difficulté présentée avec ses propres moyens. L'hybridation d'épreuves encourage les participants à s'adapter à des situations nouvelles, elle les incite à se dépasser et à affirmer leurs qualités. Les raiders s'éprouvent physiquement pour tenter de faire face à des tâches qu'à la base, ils ne maîtrisent pas."

L'aventure du raid n'étant soumise à aucun format précis, elle permet un épanouissement personnel. En effet, les conditions de l'épreuve créent "une prise de distance avec le quotidien, qui permet à chaque participant de vivre pleinement l'action : il est à l'origine de cette action, qui se compose elle-même dans l'effervescence. Le concurrent ne s'encombre pas des manières d'être et de l'identité habituels : il peut être lui-même."

Le Raid des cigognes a intégré dans son parcours 2015 un passage en dessous du Haut-Koenigsbourg, afin de permettre aux raiders d'ailleurs de découvrir l'un des monuments emblématiques de l'Alsace. 

Vivre une expérience humaine exceptionnelle

Ce qui rassemble les raiders, c'est "la volonté de vivre un épisode exceptionnel au cours duquel ils partagent des moment conviviaux", explique la FRMN. "Les participants ne viennent pas pour le résultat : c'est un partage, une expérience".

Selon Yann, l'esprit du raid est de savoir "qu'on va avoir mal, mais on vient quand même : on veut se donner au maximum. On cherche à partager l'ambiance, les moments d'entraide. On sait qu'on peut toujours compter sur les autres."

La discipline a vocation à s'adresser à une communauté restreinte de sportifs. Une "tribu" analyse la FRMN. Il faut effectivement que se crée ce sentiment de communauté, qui seul assurera "l'unité dans l'équipe pour éviter les jeux de pouvoir".

Dans les faits, le raid est souvent limité en termes de places. "Sur le Raid des cigognes, nous accueillons 50 équipes de deux raiders au maximum. Sur les dernières années, de 12 à 15 équipes sont venues." Selon Yann, "c'est le principe du raid : la discipline est conviviale et tient à le rester, car l'ambiance, les soirs entre les épreuves, décline au-delà d'un certain nombre de personnes. 100 personnes, c'est déjà beaucoup."

Avec l'expérience, on se rend compte que les raiders sont à la recherche de l'authentique, avec une sensibilité au respect de l'environnement. Et au respect d'autrui, qui commence par soi-même.

De plus, "le raid est physique d'une part, mais il implique également de réaliser beaucoup de choix stratégiques". C'est pour cette raison que les membres d'une même équipe sont complémentaires et doivent se faire confiance et se soutenir. Dans les raids de haut niveau, on désigne même un orienteur, qui a un rôle central. Des équipes pluridisciplinaires peuvent ainsi voir le jour, permettant d'intégrer des sportifs de tous horizons dans la discipline.

Le raid nécessite de compter sur soi, mais aussi sur les autres pour tenir bon jusqu'au bout.

Le raid mutltisports à l'alsacienne

En Alsace, le Raid des cigognes et le Canoë trophy sont est les seuls raids multisports proposés depuis plusieurs années. Le Canoë trophy propose une journée d'épreuves, avec 35km à boucler en VTT, course à pied et canoë, par équipes de trois personnes.

Le Raid des cigognes quant à lui se tient sur deux jours, en binôme : "il propose 120 à 130km de parcours, à réaliser en course à pied, VTT et roller", explique Yann. À Thannenkirch, "le parcours n'est pas balisé, on privilégie l'orientation" : il s'agit donc de trouver des points de contrôle à l'aide d'une carte de course d'orientation, très détaillée. Le coureur décide du chemin à prendre en s'aidant de la carte.

Yann, qui fait par ailleurs partie du clob d'orientation (CO) Colmar, précise que, sur le parcours proposé, "aucun point de contrôle (ou balise) n'est obligatoire". L'épreuve est donc ouverte à tous ceux que le format intéresse, qu'ils viennent "juste pour se tester, sans se soucier de cumuler des points", ou davantage "pour trouver un maximum de balises". Yann souligne aussi que, "sans s'y attendre, beaucoup de novices se prennent au jeu."

Dans sa conception de l'épreuve alsacienne, "je me suis basé sur les raids que je connais", indique-t-il, "comme le Jura'4'Pattes. Au bout de plusieurs années, et à force de discussions et de réunions, j'ai réussi à faire le raid que je voulais. Nous proposons des épreuves relativement courtes (1h maxi) ; chaque journée est constituée par plusieurs épreuves variées."

Le prochain Raid des cigognes aura lieu début juillet 2016.

Se lancer ?

Pour tous ceux qui veulent tenter l'aventure, il faut foncer : "il ne faut pas avoir peur de faire son premier raid", insiste Yann. "Si chaque raid a sa spécificité, souvent, plusieurs sections sont en option, et on peut rejoindre une section même si on a dépassé la porte horaire. On fait ce qu'on a envie de faire. Du coup chacun, du grand débutant au plus aguerri, réussit à le faire à son niveau."

Le plus délicat dans le démarrage consiste à trouver son binôme. "J'ai trouvé le mien il y a dix ans", indique Yann, "lui était participant et moi organisateur. Depuis on fait tous les raids ensemble : on sait qu'on peut se reposer l'un sur l'autre. Peu importe le classement : parfois on est au milieu du classement final, et parfois on finit premier ou deuxième d'une étape. On ne garde que le meilleur !"

Pour favoriser les rencontres, les 3 et 4 octobre prochains, Oxygène Raid aventure proposera un week-end sport pour faire venir les orienteurs sur le raid. Au départ de La Vancelle (67), "l'idée est de proposer du VTT d'orientation, du roller et peut-être une course d'orientation de nuit selon la météo. Le dimanche matin, ce sera course d'orientation à pied et des exercices ludiques. Le but c'est de s'amuser, de jouer ensemble le soir à des jeux de société, de prendre le repas tous ensemble. Et le lendemain, ça recommence."

Après cette initiation, lorsque vous serez devenu(e) raider confirmé(e), vous pourrez choisir de participer aux épreuves qui vous conviennent "en fonction de la région, des disciplines qui composent le raid, des distances et dénivelées proposées", liste par exemple la FRMN. 

Et pourquoi pas, in fine, participer au Challenge national des Raids multisports, voire, comme Michaël (cf. notre article du 8 septembre 2015), à des raids internationaux. Car avec un suivi rendu possible via le net depuis 2004 grâce aux balises GPS, aucun risque que vous soyez perdu(e) : vous pourrez être certain(e) qu'on suivra votre progression partout, même lorsque vous serez à l'autre bout de la planète.

Une fois votre binôme trouvé, plus rien ne vous empêchera d'aller jusqu'au bout du monde pour tester d'autres aventures, découvrir d'autres territoires, partager d'autres moments inoubliables de raid.


Une image à clarifier

Le raid multisports ne bénéficie pas encore d'une réputation à sa hauteur. En cause : l'absence de structure officielle dédiée à cette discipline.

Même si les règles de l'organisation d'événements sont structurées dans le guide de l'organisateur de manifestation multisports de nature, édité par le Pôle ressources nationales des sports de nature, le raid multisports souffre d'un déficit de crédibilité. Un constat qu'a pu faire Yann lorsqu'il préparait le tracé du Raid des cigognes, car il a fallu parfois beaucoup de discussions pour réussir à convaincre, et obtenir toutes les autorisations nécessaires. Il se voit parfois encore opposer un refus de passage car les personnes s'imaginent qu'il s'agit d'une discipline motorisée. "Ce n'est pas un rallye : or beaucoup confondent et s'imaginent qu'on va faire passer des voitures", regrette-t-il.

Au niveau national, les choses bougent. Des discussions ont lieu depuis fin 2014 pour faire reconnaître la discipline. "Faire du raid multisports de nature une discipline officielle" est l'objectif annoncé par Hervé Simon, président de la FRMN, lors d'une web-conférence qui s'est tenue à l'issue du challenge national des raids multisports de nature en juin 2015 (à écouter sur ce lien).

À l'heure actuelle, la FRMN regrette que les organisateurs fonctionnent sans agrément, sans délégation. Un rapprochement avec la Fédération française de triathlon (FFTri) est à l'étude, avec des premières décisions à venir théoriquement dès décembre 2015.

Cela reste donc à suivre, car l'intégration à la FFTri devrait assurer de bien meilleures conditions d'organisation et permettre le développement de nouveaux événements - pour le plus grand bonheur de tous les amateurs de sport et de défis en pleine nature.


En savoir plus :

Les raids à proximité (en 2015) :

Les challenges nationaux voire internationaux :


L'auteur,
Elyse Moreigne

Editrice de Plaisir du sport en Alsace, passionnée de langages écrits, nageuse, coureuse et randonneuse, parfois triathlète, engagée pour valoriser la pratique sportive en Alsace en tant que source de bien-être, d'enthousiasme, de dépassement de soi !
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